Retrait de Total des JO 2024 : "Ce n'est pas l'argent qui décide de tout", répond le premier adjoint d'Hidalgo à Macron

Politique

Toute L'info sur

Les Jeux olympiques 2024 à Paris

RÉPONSE - Après qu'Emmanuel Macron a jugé que le retrait de Total du sponsoring des Jeux olympiques de 2024 à Paris n'était pas une bonne idée, le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, rétorque que c'est la compagnie pétrolière qui a fait ce choix, et que son soutien à ces JO "verts" aurait été jugé incohérent.

Rarement une histoire de sponsoring aura fait réagir en aussi hauts lieux. Après que Total a annoncé son désengagement pour soutenir les Jeux olympiques de 2024 en France, le premier adjoint d'Anne Hidalgo répond lundi à Emmanuel Macron, qui avait jugé dimanche que ce retrait n'était "pas une bonne idée" et que tous les financeurs de la transition étaient les "bienvenus".


Invité de La Matinale ce lundi matin sur LCI, Emmanuel Grégoire, le premier adjoint de la maire de Paris, a rétorqué au président que "c'est une décision de Total, pas une décision d'Anne Hidalgo". Et d'ajouter que la compagnie pétrolière française "a considéré [qu'elle même] se mettait dans une position embarrassante en finançant des Jeux verts".

Total "a vu qu'il y avait une contradiction, qui aurait été reprochée au Cojo (Comité d'organisation des Jeux olympiques, ndlr) et à Anne Hidalgo, entre prétendre faire les Jeux les plus verts de l'histoire et avoir comme premier partenaire principal Total", a poursuivi Emmanuel Grégoire, qui tacle au passage la politique environnementale du président.


Emmanuel Macron "devrait se préoccuper de comment accélérer la mutation de ces grands acteurs industriels, et ça ne passe pas par les leçons de morale, ça ne passe pas par les bons mots. Ça passe par la fiscalité, ça passe par la réglementation. Tant que les gens pourront continuer à polluer et que ça créera de la valeur, que ça rapportera de l'argent, il n'y a aucune raison qu'ils changent".

On ne peut pas être dans le 'en même temps' en permanence, on ne peut pas dire 'on veut des jeux verts' et 'on les fait avec Total'. Ce n'est pas cohérent.Emmanuel Grégoire

Interrogé sur Franceinfo dimanche, le président avait lui-même regretté des "leçons de morale" de la part de la municipalité parisienne, en  affirmant qu'il est "plus facile d'écarter de l'argent privé en donnant des leçons de morale que d'en trouver, donc maintenant on doit mobiliser collectivement tous les financeurs français". Emmanuel Macron avait également affirmé que "Total doit s'engager dans une politique de transition énergétique, il faut les aider à cela. Et si Total peut mettre de l'argent pour aider à financer des Jeux verts et peut mettre de l'argent pour aider à financer la transition, c'est une bonne chose".


"Avec cet argument là, on accepte tout", a rétorqué Emmanuel Grégoire sur LCI. "Ce n'est pas l'argent qui décide de tout. Ce n'est pas parce que vous avez de l'argent que vous décidez de ce que vous faites, quand et comment." Et le premier adjoint parisien d'ajouter qu'on "ne peut pas être dans le 'en même temps' en permanence, on ne peut pas dire 'on veut des jeux verts' et 'on les fait avec Total'. Ce n'est pas cohérent."

"L'idée n'est [pas] d'ostraciser Total, qui est un grand acteur industriel", a conclu Emmanuel Grégoire, qui a précisé que le retrait du géant pétrolier français "s'est fait en bonne intelligence" et que la ville cherche d'autres partenaires, et ça avance très bien".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter