Retraites : avant une semaine cruciale, Macron à la manoeuvre, Philippe en première ligne

Retraites : avant une semaine cruciale, Macron à la manoeuvre, Philippe en première ligne
Politique

MOUVEMENT SOCIAL - L'Elysée convoque ce dimanche soir une réunion avec les ministres concernés par la réforme des retraites, avant une semaine cruciale de mobilisation sociale et d'annonces du gouvernement. Un pilotage à deux têtes pour une réforme qui devait en principe être conduite par Edouard Philippe. Aucune prise de parole présidentielle n'est en revanche prévue pour l'instant.

A la veille d'une semaine cruciale pour sa réforme des retraites, Emmanuel Macron manœuvre, mais, pour l'instant, en coulisses. Le chef de l'Etat et son Premier ministre organisent dimanche soir une "réunion de travail" à l'Elysée avec plusieurs ministres concernés, selon une information du Parisien confirmée dans la nuit à l'AFP par l'entourage présidentiel. 

Une initiative qui marque une évolution dans le pilotage de cette réforme symbolique du quinquennat, alors que la semaine qui vient promet une forte mobilisation sociale et qu'Edouard Philippe s'apprête à en dessiner les contours mercredi, après des semaines de concertation et de flou relatif sur ce projet. Si le chef de l'Etat n'entend pas s'exprimer avant Edouard Philippe, il apparaît désormais omniprésent dans les arbitrages finaux. 

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Avant la mobilisation du jeudi 5 décembre, qui a mis dans la rue entre 800.000 et 1,5 million de personnes, la tonalité était sensiblement différente. "Le président de la République a demandé au Premier ministre de porter la réforme", résumait ainsi l'Elysée auprès de LCI fin novembre. Pour le chef de l'Etat, "cette séquence est gouvernementale, c'est le Premier ministre qui porte la réforme et effectue les grands arbitrages", assurait encore l'entourage présidentiel jeudi dernier. 

L'Elysée, qui avait déjà organisé le 26 novembre un déjeuner de calage avec quatre ministres et des poids lourds de la majorité,  prenait toutefois soin de préciser qu'Emmanuel Macron pourrait encore "intervenir le cas échéant", et n'excluait pas qu'il puisse s'exprimer publiquement sur le sujet, même si le principe restait de laisser la parole à Edouard Philippe. 

De fait, Emmanuel Macron n'aura pas pu laisser son Premier ministre seul au front. La réunion à l'Elysée dimanche soir vient donc se caler après un premier rendez-vous de travail, prévu également ce dimanche, à 17 heures, à Matignon, entre Edouard Philippe et au moins quatre ministres concernés, Agnès Buzyn, Jean-Paul Delevoye, Jean-Baptiste Djebarri et Gérald Darmanin. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire devrait être présent à la réunion prévue par la suite à l'Elysée, pour les derniers arbitrages. 

"Il ne faut pas faire de ce soir une réunion trop importante", relativisait toutefois l'entourage du chef de l'Etat auprès de LCI, dimanche. "C'est une nouvelle réunion de travail qui prépare les échéances à venir." 

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La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

S'ajoute à ce rendez-vous imprévu du dimanche soir un nouveau déjeuner, lundi à l'Elysée - prévu cette fois depuis plusieurs jours - entre le sommet de l'exécutif, les ministres et les ténors de la majorité. Un déjeuner qui vise, selon l'entourage présidentiel, à "mettre de la cohérence et de la cohésion", au moment des "derniers calages" sur la réforme. 

Il faut dire que la semaine s'annonce particulièrement complexe pour le pouvoir. Lundi, le Haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye doit présenter les conclusions de la concertation aux partenaires sociaux. Mardi, les syndicats mobilisent pour une nouvelle journée de grève et de mobilisation qui s'annonce particulièrement suivie, avec des perturbations importantes prévues dans les transports, qui pourraient se poursuivre toute la semaine. 

Mercredi, enfin, Edouard Philippe doit annoncer les contours définitifs de la réforme des retraites à la mi-journée. Les syndicats pourront alors "se positionner" sur ces annonces, selon l'expression employée par Emmanuelle Wargon, dimanche sur France Info. Avec à la clé une hypothétique sortie de crise, ou bien la poursuite possible du mouvement jusqu'aux congés de Noël, un scénario qui raviverait le spectre des grèves de 1995 qui furent fatales aux réformes du gouvernement Juppé. 

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