"Face à la grève" sur LCI : cinq arguments qui électrisent le débat, qui aura le dernier mot ?

"Face à la grève" sur LCI : cinq arguments qui électrisent le débat, qui aura le dernier mot ?
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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

REPLAY – Jean-Michel Blanquer, Julien Denormandie, Emmanuelle Wargon... trois ministres ont tenté de défendre la réforme des retraites sur LCI dans l'émission "Face à la grève." Face à eux, des opposants à la réforme issus de plusieurs catégories socio-professionnelles. Qui a eu le dernier mot ?

Deux camps irréconciliables ? Trois ministres ont débattu ce jeudi soir sur LCI face à des opposants à la réforme des retraites. Emmanuelle Wargon, Jean-Michel Blanquer et Julien Denormandie auront face à eux, des fonctionnaires - enseignants, policiers - des salariés du privés mais aussi des patrons.  Voici cinq points qui cristallisent aujourd'hui les tensions. Quels sont les arguments avancés par les uns et les réponses des autres ? On fait le point.

Les femmes, grandes perdantes de la réforme ?

Le système universel souhaité par le gouvernement pourrait pénaliser les femmes. Un récent rapport de l’Institut de la protection sociale (IPS) craint, calculs à l'appui, une baisse des pensions pour nombre d'entre elles, la faute notamment à un nouveau système de réversion ou à l'instauration prévue d'un âge pivot (voir plus bas).

Le gouvernement explique qu'il entend s'attaquer aux fortes inégalités entre les pensions des hommes et des femmes, ces dernières touchant en moyenne 40% de moins. La majoration appliquée sur la retraite de 5% par enfant, et ce dès le premier enfant, est avancée comme une réponse, tout comme le cumul de points durant les congés maternité des jeunes mamans. 

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Les pensions des profs en chute libre ?

Les syndicats sont nombreux à avoir mis en place des simulateurs pour tenter d'estimer le montant des pensions suite à une application de la réforme. Les profs en particulier font grise mine, pénalisés par le calcul d'une retraite sur l'ensemble de la carrière, et plus seulement sur les six derniers mois. Une diminution de 30% est ainsi dénoncée.

Pour Jean-Michel Blanquer, les craintes des professeurs ne sont pas justifiées. " Ces simulateurs n’ont aucun fondement", a-t-il estimé, d'autant que les modalités de la réforme ne sont pas totalement fixées. Afin de compenser les primes des enseignants plus faibles que pour les autres membres de la fonction publique, le ministre de l'Éducation a annoncé que des revalorisations salariales permettraient que les professeurs ne soient pas lésés. 

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Un système par points compliquera l'estimation de sa retraite ?

Si les nouveaux entrants sur le marché du travail devraient adopter directement un fonctionnement par points pour les cotisations, une partie des salariés va cotiser pour l'ancien et le nouveau régime. Une transition assez délicate qui complique l'évaluation du montant des futures pensions et suscite des inquiétudes. D'autant que la valeur du point n'est toujours pas fixée. 

Si Jean-Paul Delevoye assure que la valeur du point ne baissera pas dans le temps, un point acté à ses yeux, les calculs à effectuer pour déterminer le montant des pensions devrait être complexe. Pour celles et ceux qui cotisent à des régimes par annuités, Le Monde note qu'il faudra "définir un salaire de référence en cours de carrière. Pour ce faire, M. Delevoye propose, pour les salariés, de proratiser la période d’activité." Le quotidien précise qu'une "transition sans conversion" entre l'actuel et le futur système reste envisageable, mais elle reviendrait à multiplier le nombre de personnes poly-pensionnées.

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La pénibilité de certains métiers ne sera pas prise en compte ?

L'abandon des régimes spéciaux, au profit d'un régime universel, provoque la colère d'une partie des salariés. Ils soutiennent en effet que ces régimes spéciaux ne sont pas des privilèges, mais bien la conséquence de conditions de travail difficiles, compensées par des aménagements spécifiques. Beaucoup craignent donc que la réforme revienne à nier cette pénibilité, et à ne pas la prendre en compte pour les travailleurs. 

Même si Emmanuel Macron n'apprécie pas le mot "pénibilité" car il "donne le sentiment que le travail serait pénible", son gouvernement sera sans doute attendu sur le sujet. Après avoir raboté le compte personnel de prévention, chargé de la prise en compte de la pénibilité, il lui faudra apporter des réponses à des travailleurs aujourd'hui exposés, que ce soit dans les hôpitaux, les transports, ou dans le domaine du bâtiment. 

Faudra-t-il travailler plus longtemps ?

Les réformes passées ont généralement conduit à un report de l'âge légal à la retraite. L'argument invoqué est généralement l'allongement de la durée de vie, qui rend plus fragile le financement des différents systèmes de retraite. Dans les cortèges, les manifestants sont nombreux à craindre de devoir travailler plus longtemps, et pas seulement ceux concernés par la disparition des régimes spéciaux. 

Le gouvernement leur répond avec un argument choc : l'âge légal ne sera pas modifié, et restera fixé à 62 ans. En revanche, l'instauration d'un âge pivot est clairement évoquée. Ce dernier correspond à l'âge auquel il sera possible de partir à la retraite en percevant l'intégralité de sa pension. Un compromis a été trouvé autour d'un "âge d'équilibre" fixé à 64 ans, avec une décote pour ceux qui partiraient avant et une surcote pour ceux qui voudraient "travailler plus longtemps".

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