"Rêve" des 32 heures : Manuel Valls recadre Christiane Taubira

"Rêve" des 32 heures : Manuel Valls recadre Christiane Taubira

POLITIQUE - Invitée de RMC et BFMTV, ce vendredi 19 juin au matin, la ministre de la Justice a affirmé rêver "d’un monde où on peut travailler 32 heures dans une semaine". Des déclarations qui n'ont pas vraiment été du goût du Premier ministre.

La ministre de la Justice l'a encore démontré ce matin au micro de Jean-Jacques Bourdin : sa liberté de ton, au sein du gouvernement, est inébranlable. Mais pas sans réponse. Invitée de RMC et BMTV , vendredi 19 juin, la garde des Sceaux a livré sa vision de la société "idéale", notamment le fait de rêver "d'un monde où on peut travailler 32 heures".

"La société dont on peut rêver"

Interrogée à propos de la réforme du travail dominical, incluse dans le projet de loi Macron qui devrait être adopté en force avec le recours au "49-3", Christiane Taubira a dégainé: "Je rêve d'un monde où on ne travaille ni le samedi, ni le dimanche. Je rêve d'un monde où on peut travailler 32 heures". Et d'ajouter, soucieuse de réaffirmer ses valeurs : "Je rêve d'un monde où on peut travailler 32 heures dans une semaine, pour avoir du temps pour se consacrer aux autres dans des associations, d'aller au musée, d'aller sur la plage, de déambuler, de marcher, de parler à ses voisins, d'aller en librairie, d'aller au cinéma, d'aller au théâtre, etc. Voilà la société dont on peut rêver". 

Une liberté de ton et des déclarations pas vraiment du goût de Manuel Valls, qui depuis le salon du Bourget, a recadré dans la foulée sa ministre. Interrogé par plusieurs médias, le Premier ministre a ainsi plaidé pour la valeur travail. "Je pense que les Français veulent travailler aujourd'hui. Il y a un temps de travail qui existe, vous savez, il y a les 35 heures", a-t-il souligné, avant de poursuivre: "Mais le temps effectif est de 39 heures. Ce que les Français veulent, c'est du boulot. Et le travail, c'est une valeur. Et le mérite, c'est une valeur".

Vives réactions à droite

A droite et à l'extrême-droite, les réactions n'ont pas non plus tardé. "C'est le retour des vieux démons de la gauche, c'est-à-dire penser que le travail se partage et qu'on va le répartir entre les Français. Ça fait 20 ans que cette théorie a échoué sur le plan économique et qu'elle a bloqué les consciences : on a perdu l'envie de travailler", a ainsi déploré sur LCP Luc Chatel , l'ex-ministre de l'Education nationale de Nicolas Sarkozy. "En proposant 32 heures par semaine, Christiane Taubira montre sa méconnaissance totale des réalités économiques et un mépris profond pour l'effort", a pour sa part attaqué Marine Le Pen sur Twitter.  

Mais "rêver" ne dit pas non plus "proposer". En revanche, pour Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), les 32 heures ne sont "pas une absurdité". En février 2015, le leader syndical avait plaidé sur France Inter pour une réduction du temps de travail afin de créer des emplois en France. 

EN SAVOIR + >> Loi Macron : qu'est-ce que le "49-3" dégainé par Valls ?

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