"Revenu de transition écologique" : quelle est cette nouvelle expérience écolo-sociale à Grande-Synthe ?

Politique

TEST - Pour favoriser la transition écologique, la ville de Grande-Synthe (Nord), dirigée par le maire Damien Carême (EELV), va expérimenter à partir de mai un "revenu de transition écologique" qui doit permettre d'aider ceux qui veulent changer d'activité pour être plus en phase avec les impératifs environnementaux.

Apporter un complément de revenu à ceux qui veulent basculer vers un métier plus écolo, c'est le but d'une initiative peu commune, lancée ce mardi par la ville de Grande-Synthe (Nord) : le revenu de transition écologique. En quoi consiste ce dispositif qui tente de mêler social et écologie au niveau municipal ?

Le revenu de transition écologique, ou "RTE", consiste à "verser une aide financière et offrir un accompagnement à toute personne ayant une activité à impact écologique et social", indique la mairie de Grand-Synthe. 

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Ce mardi, elle va signer une convention avec la Fondation ZOEIN, basée à Genève. Cette fondation d’intérêt public créée par la philosophe et économiste Sophie Swaton soutient "des activités, des projets ou des organismes à but non-lucratif, en lien avec la protection de l’enfance, des femmes et de l’environnement". Elle versera à la ville de Grande-Synthe une subvention de 30.000 euros pour financer cette première expérimentation du RTE.

Un maire qui tente d'allier mesures sociales et écologiques

Ce n'est pas un hasard si le revenu de transition écologique est mis en place à Grande-Synthe, cette ville portuaire située en banlieue de Dunkerque, connue pour abriter un camp de migrants qui a été en partie détruit par un incendie en 2017. Son maire depuis 2001, Damien Carême (EELV) a déjà annoncé début 2019 la création d'un "minimum social garanti", permettant à aux 17,2 % des habitants de Grande-Synthe les plus pauvres de dépasser le seuil de pauvreté.

C'est aussi Damien Carême qui a engagé trois recours en justice contre l'État en quelques mois. Le premier pour "inaction" dans la lutte contre le changement climatique, qui menace la cité côtière ; le second pour "excès de pouvoir", contre les insuffisances du Plan national d’adaptation au changement climatique ; le troisième pour exiger une "expertise judiciaire pluridisciplinaire" afin de connaître les risques climatiques qui pèsent sur la commune.

Comment fonctionne ce nouveau revenu ?

En attendant que la montée des eaux grignote progressivement Grande-Synthe, la ville tente donc de convertir ses habitants à des activités plus en phase avec les impératifs environnementaux. "Dans le cadre de cette expérimentation, le RTE serait attribué à des personnes investies dans des activités de transition selon des critères communs définis par les partenaires (institutionnels, économiques, associatifs, universitaires) réunis dans une 'coopérative de transition écologique' - disposant du statut coopératif de Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)", précise la mairie dans un communiqué.

"Tout type de projet peut trouver sa place au sein du dispositif", affirme la ville, en donnant plusieurs exemples, comme l'entreprise de traitement de l'air Terraotherm, "un maraîcher souhaitant se convertir en agriculture biologique", ou encore "une entreprise de nettoyage aux produits respectueux pour l’environnement". L'obtention du revenu de transition écologique est conditionné, en plus du critère "écolo", à la nécessité d'accompagner cette activité par de la formation et par une "adhésion à une structure démocratique" permettant de diffuser ce nouveau savoir.

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