Risque d'abstention pour l'élection à la présidence LR : "Au moins, ce scrutin va nous permettre de nous compter"

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SCRUTIN - A trois jours du premier tour de l'élection à la présidence des Républicains, les partisans des trois candidats en lice, Laurent Wauquiez, Florence Portelli et Maël de Calan, tentent de mobiliser les troupes. La participation pourrait plafonner entre 60.000 et 80.000 votants, sur plus de 234.000 adhérents.

Six mois après le traumatisme de la présidentielle, Les Républicains tentent de se reconstruire. Les 234.908 adhérents à jour de leur cotisation sont attendus dimanche pour le premier tour de l'élection à la présidence d'un parti déstabilisé par les divisions internes et les départs, afin de départager Laurent Wauquiez, le favori, Florence Portelli et Maël de Calan, les challengers. 


Dans un mouvement encore sonné par la défaite du printemps dernier, la grande inconnue du scrutin est la participation. Selon les prévisions en interne, seules 60.000 à 80.000 personnes se rendraient dans les urnes pour désigner leur futur patron, ce qui représente moins de la moitié de la mobilisation qui avait porté Nicolas Sarkozy à la tête du mouvement en 2014. La jeunesse, qui avait tant manqué au candidat Fillon lors de la présidentielle, pourrait tout particulièrement manquer à l'appel. 

"Nous avons pas mal de déçus"

A six jours du scrutin, les réunions publiques ne font pas toujours recette, et les jeunes partisans des trois candidats, en première ligne pour animer leurs campagnes respectives, sont conscients du risque. "On peut craindre que la participation soit bien plus faible que ce que l'on imagine", reconnaît Amanda Guénard, ex-responsable des étudiants avec Fillon, aujourd'hui soutien de Florence Portelli. "Nous avons pas mal de déçus dans nos rangs. Nous ne savons même pas si certains sont encore chez nous ou non", explique l'étudiante en droit à LCI.  


Comme le signalait lundi Anne Levade, la présidente de la Haute Autorité en charge des élections au sein de LR, les votants pris en compte pour ce scrutin sont les adhérents à jour de leur cotisation. Ce qui ne donne aucune indication sur le nombre de déçus qui, bien qu'adhérents, bouderont les urnes les 10 et 17 décembre. "Au moins, ce scrutin va nous permettre de nous compter", observe Amanda Guénard. 

Il vaut mieux que Laurent Wauquiez l'emporte au second tour avec une forte participation, que dès le premier tour, avec une faible participationJeune militant LR

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Le portrait en hashtag : Laurent Wauquiez

Méthode Coué

Certains préfèrent se convaincre que les militants seront au rendez-vous. "Nous pensons que la mobilisation va être forte", assure Florian Chabaneau, responsable des Jeunes républicains dans le Puy-de-Dôme, au sein de la région de Laurent Wauquiez, qu'il soutient. "Les réunions publiques de Laurent Wauquiez attirent beaucoup de monde alors qu'elles ne se tiennent pas dans des grandes villes. Les deux autres candidats contribuent eux aussi à augmenter la participation." 


Le jeune militant reconnaît malgré tout que la mobilisation compte beaucoup, car "il est essentiel de gagner avec un bon écart". "Il vaut mieux que Laurent Wauquiez l'emporte au second tour avec une forte participation, que dès le premier tour, avec une faible participation", explique-t-il. Même constat pour Valentin Belin, jeune militant lycéen de Vendée qui s'est engagé pour Florence Portelli. "Espérons qu'il y aura au moins entre 50.000 et 100.000 votants, sans quoi il va y avoir un problème de légitimité", explique le jeune homme à LCI.


"Il y a toujours une mobilisation chez les adhérents LR", veut également croire Alexis Bracquart, militant dans le Ve arrondissement de Paris et cofondateur de "Jeunes de retour", qui veut redynamiser la jeunesse LR - et éviter que Laurent Wauquiez, en cas de victoire, ne nomme un proche sans élection équitable pour prendre la tête des Jeunes Républicains. "Dès le lendemain de la défaite de François Fillon, les salles étaient pleines lors des réunions publiques. Et en septembre, 40.000 adhérents ont répondu au questionnaire sur l'avenir du parti. C'est un signe."

Chasse aux électeurs

Pour tenter de conjurer le risque de pénurie d'électeurs, à chacun sa recette. Le juppéiste Maël de Calan, le moins connu des trois candidats, mobilise son collectif de jeunes élus locaux regroupés au sein de "La droite pour gagner". Chez Laurent Wauquiez, on multiplie les réunions publiques et les déplacements sur l'ensemble du territoire et l'on diffuse des tracts à l'ensemble des adhérents, appuyé sur la Droite sociale, le puissant courant fondé en 2012 par l'ancien ministre. 

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Portrait hashtag de : Florence Portelli

Les partisans de Florence Portelli, eux, optent pour une méthode plus ciblée, façon "François Fillon lors de la primaire de 2016", explique Amanda Guénard. "Les grandes messes rassemblent parfois plus de sympathisants que d'adhérents. Nous, nous organisons des petites réunions, mais avec des adhérents, ceux qui vont vraiment voter." "Nous avons tout fait pour intéresser les gens à la campagne", abonde Pierre Liscia, jeune élu parisien et porte-parole de Florence Portelli. "La faible participation est un enjeu inquiétant pour Laurent Wauquiez, pas pour nous." 


Les trois concurrents encourent toutefois le même risque en cas d'abstention massive : être mal élu. Ce qui poserait bien vite un problème de légitimité dans le grand chantier de refondation qui s'annonce.

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