RSA contre bénévolat : la droite relance la charge contre "l'assistanat"

RSA contre bénévolat : la droite relance la charge contre "l'assistanat"
Politique

RSA - Le Conseil départemental du Haut-Rhin, à majorité de droite, vient d'imposer aux bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) sept heures hebdomadaires de bénévolat pour toucher leur prestation sociale. Avec cette mesure, qui intéresserait plusieurs autres départements, la droite relance sa charge contre "les dérives de l'assistanat".

C'est une première en France. Le Conseil départemental du Haut-Rhin, à majorité de droite, a décidé vendredi de conditionner le versement du RSA à sept heures de bénévolat par semaine. Les bénéficiaires du RSA "devront présenter tous les trois mois une attestation prouvant qu'ils auront bien effectué ces heures, sinon on suspendra le versement de leurs allocations", a expliqué Eric Straumann, le président du département (Les Républicains). "Il ne s'agit surtout pas de stigmatiser les bénéficiaires. On espère plutôt mettre le pied à l'étrier aux gens, pour qu'ils se re-socialisent et sortent de l'isolement", a précisé le chef de l'exécutif.

Une proposition dénoncée comme "inhumaine et irréaliste" par ATD Quart Monde. "Comment peut-on imaginer inverser le sens de la solidarité?", s'est interrogée dans un communiqué l'association spécialisée dans la lutte contre la pauvreté. Elle rappelle que le RSA est l'expression de la "solidarité de la nation (...) envers ceux qui connaissent de grandes précarités", et que "ce que les gens veulent c'est travailler".

Répondre aux "enjeux économiques et sociaux"

Le Département a justifié sa décision dans un communiqué , estimant vouloir faire "face à la réalité des enjeux économiques et sociaux", précisant que "le nombre d'allocataires ne cesse de croître" et que le RSA est "injustement perçu comme une forme d'assistanat par nos concitoyens". Le Haut-Rhin compte plus de 20.000 bénéficiaires du RSA, un nombre qui a augmenté de 61 % depuis 2010, rappelle Francetvinfo . Cette année, le RSA coûte 50 millions d'euros au Département. En outre, a relevé le président de la collectivité, "on va peut-être détecter un certain nombre de bénéficiaires qui seront en incapacité d'effectuer une activité bénévole. Dans ce cas, ils relèvent de l'invalidité, qui est prise en charge par la Sécu, et pas du RSA."

Eric Straumann a assuré que "plusieurs collègues" de droite, présidents d'autres départements, lui avaient fait part de leur intérêt pour son initiative. Christian Estrosi (Les Républicains), président de la région Paca, l'a en tout cas applaudie en estimant que le bénéficiaire du RSA devait "rendre à la société"  : "Je veux zéro inactivité. Comme l’école est obligatoire dans notre pays, je considère que l’activité doit être quelque chose d’obligatoire", a-t-il déclaré ce dimanche sur l'antenne de France 3 .

La charge contre "les dérives de l'assistanat" relancée à droite

L'idée de conditionner le versement du RSA n'est pas nouvelle à droite. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la majorité a tenté de réformer le RSA. En 2011, Laurent Wauquiez, alors ministre (UMP) des Affaires européennes, avait créé la polémique, jusqu'au sein de son propre camp, en lançant une offensive contre "les dérives de l'assistanat", qu'il qualifiait de "cancer de la société française". Il proposait alors de demander cinq heures hebdomadaires de "travail social" bénévoles aux bénéficiaires du RSA, en guise de compensation de leur allocation.

Cette initiative a été relancée par Nicolas Sarkozy en avril dernier, rappelle Le JDD . "Chaque bénéficiaire du RSA devra exercer une activité au profit de la collectivité en contrepartie de son allocation", avait-t-il déclaré. Le leader des Républicains appelait alors les présidents de départements de droite à combattre "l'assistanat". Les départements, confrontés à la baisse des dotations de l'Etat et à l'augmentation du nombre de prestataires du RSA, sont pour certains actuellement aux prises avec de graves difficultés budgétaires.

À LIRE AUSSI  >> Indemnisation chômage dégressive : ce qui pourrait changer

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter