Retraites, Gilets jaunes, confrontations... Ce qu'il faut retenir de la visite de Macron au Salon de l'agriculture

Retraites, Gilets jaunes, confrontations... Ce qu'il faut retenir de la visite de Macron au Salon de l'agriculture

AGRICULTURE - Ce samedi 22 février, Emmanuel Macron a ouvert le 57e Salon international de l'agriculture à Paris. Une visite marathon dans un contexte marqué par les difficultés des agriculteurs français et la difficile négociation sur le budget de la Politique agricole commune.

La visite a démarré, comme on pouvait l'imaginer, dans la confrontation et la discussion. Emmanuel Macron a donc inauguré ce 57e Salon de l'agriculture, au lendemain du sommet européen qui s'est achevé sans accord. Le chef de l'Etat était allé à Bruxelles, prêt à "se battre" pour la Politique agricole commune qui devait subir des coupes budgétaires. "Ce n'est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit", a lancé le chef de l'Etat, à l'issue du sommet.

Mais sur le terrain, ce sont des agriculteurs inquiets et des Gilets jaunes qu'Emmanuel Macron a trouvé. En déambulation dans les travées du Salon, il a répondu aux interrogations, a posé les limites de sa politique pour les agriculteurs et promis de recevoir des Gilets jaunes à l'Elysée, sous conditions. En tout, le locataire de l'Elysée a passé plus de douze heures dans les travées du salon. 

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La revalorisation des pensions des agriculteurs déjà à la retraite est "impossible"

Interpellé d'entrée de jeu par la FNSEA, Emmanuel Macron a jugé que la revalorisation des pensions des agriculteurs à hauteur de 85% du Smic pour les personnes déjà retraitées, était "impossible". Une réponse directe au syndicat majoritaire agricole qui avait demandé cette hausse en amont du salon. Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, a rappelé mardi que les pensions de retraite des agriculteurs sont actuellement en moyenne à 740 euros par mois (760 euros pour les hommes et 580 euros pour les femmes). "Or la retraite moyenne des Français est de 1.390 euros par mois", a-t-il fait valoir.

Pour Emmanuel Macron, la mesure coûterait trop cher. "Tous ceux qui rentreront dans le nouveau système, contrairement à l'ancien, ils auront une garantie de retraite minimum. Est-ce que je peux vous dire : tous les (agriculteurs) retraités d'aujourd'hui peuvent rentrer ? C'est impossible. C'est impossible, parce que c'est (un coût de) 1,1 milliard", a répondu le chef de l'Etat. "Je ne peux pas gérer l'avenir et le passé en même temps. Je ne vais pas vous mentir. Enfin vous voyez déjà tout ce qu'on se tape", a souligné le chef de l'Etat. Ce chiffre de 1,1 milliard correspondrait à une revalorisation des pensions des retraités actuels et de leurs conjoints, a précisé Emmanuel Macron à l'AFP. 

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Salon de l'agriculture : Emmanuel Macron interpellé par des agriculteurs dès son arrivée

Avec le même argument avancé lors des discussions sur la réforme des retraites au sujet des régimes spéciaux. "Si je dis ça pour les agriculteurs, qu'est-ce que je dis aux commerçants, aux artisans, aux indépendants qui sont exactement dans la même situation ?", a-t-il ajouté. "Vous avez été en soutien de la réforme. Mais sur le passé, je ne peux pas dire : on ne va traiter que les paysans. C'est impossible (...) il faudrait traiter tous ceux qui ont été sur d'autres systèmes pour ramener tout le monde à 85 %. A ce moment-là, le coût il est très important. C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros."

"Vous me demandez de réparer quatre décennies par le passé, alors que j'essaie de projeter le pays quatre décennies devant et qu'il y a déjà quelques résistances, comme vous l'avez vu", a encore dit le chef de l'Etat, alors que les discussions s'enlisent à l'Assemblée sur cette réforme également très contestée dans la rue. Côté FNSEA, la discussion a été bienvenue. "C'était important pour nous de nous adresser directement au président sur les sujets concrets et les problèmes que rencontrent les agriculteurs", a indiqué à LCI la présidente de la FNSEA Christiane Lambert après avoir échangé avec Emmanuel Macron

Gilets jaunes et violences dans les manifestations

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Salon de l'Agriculture : l'échange entre Emmanuel Macron et une Gilet jaune

RIC, réforme des retraites et violences policières, le président a été interrogé sur de nombreux sujets. Interpellé par une femme au cours de sa déambulation, Emmanuel Macron a promis de recevoir des Gilets jaunes, à l'Elysée. "Vous ne recevez pas les Gilets jaunes", a lancé cette femme, se présentant comme contrôleuse de gestion dans la finance et disant avoir participé aux 67 samedis de mobilisation depuis novembre 2018. "Vous me structurez un groupe et je vous reçois sans problème, moi je suis pour le dialogue. On se prend une heure et on discute", lui a répondu le chef de l’État qui, tout au long de cette crise, n'a jamais reçu de groupe de Gilets jaunes à l'Elysée. "Il faut que tout le monde retrouve la raison", a-t-il déclaré à cette femme qui a estimé que ça allait "mal finir".

"Ça fait 67 samedis que je suis mobilisée, j'ai vu tomber des amis, je me prends des grenades de désencerclement, je vis la guerre tous les samedis", a encore lancé la dame à Emmanuel Macron."C'est parce qu'il y a des gens qui sont devenus extraordinairement agressifs", lui a répondu Emmanuel Macron, proposant "d'arrêter de sortir manifester comme ça".

Interpellé sur les violences policières, le chef de l’État a souligné que "personne ne s'engageait dans les forces de l'ordre pour être agressif". "Dans les zones urbaines, c'est très tendu, il faut se mettre à la place des policiers", a-t-il ajouté. "Je ne crois pas qu'il y ait tant de monde que ça dans la rue. Parfois aussi, vous êtes en colère sur des choses qui ne sont pas vraies", a-t-il encore commenté.

Concernant les retraites,  M. Macron a défendu sa réforme et s'est dit prêt à "faire un grand débat" sur la question. Quant au référendum d'initiative citoyenne (RIC), une des revendications phare des Gilets jaunes, M. Macron a rappelé qu'il n'avait "jamais été favorable au référendum d'initiative populaire", mais favorable à ce qu'on abaisse le seuil du référendum d'initiative partagée déjà en place. Mais pour cela, "il faut changer la Constitution et ce n'est pas moi tout seul qui peux le faire", a-t-il dit.

Erci Drouet, évacué du Salon

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Salon de l'Agriculture : le Gilet jaune Eric Drouet évacué

Quelques instants plus tard cette discussion entre Emmanuel Macron et cette dame, Eric Drouet, figure historique des Gilets jaunes, a été interpellé, sans avoir réussi à approcher le président, avant d'être placé en garde à vue pour rébellion, selon une source judiciaire à l'AFP. Il a été remis en liberté en début de soirée avec une convocation devant le tribunal correctionnel le 9 octobre.

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Il déambulait dans les allées, non loin du stand que visitait le président Emmanuel Macron, lorsqu'il a été évacué. D'après lui, il voulait interpeller le chef de l'Etat mais également visiter la plus grande ferme de France. Il ne s'est pas soustrait au contrôle d'identité des forces de l'ordre, déclenchant au passage un mouvement de foule. Il a depuis quitté la porte de Versailles. Le préfet avait pris un arrêté d'interdiction de manifester pour les Gilets jaunes dans certains lieux, dont le Salon de l'agriculture. 

Une douzaine d'heures passées sur le salon

Dans cet exercice imposé chaque année au président de la République, Emmanuel Macron a passé une douzaine d'heures dans les allées de la plus grande ferme de France. Si l'Elysée avait prévenu qu'il n'y passerait pas la journée, le chef de l'Etat pourrait bien en faire plus que l'année dernière où il avait passé quatorze d'heures dans le salon. 

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