Sans la police municipale, "l'Etat serait défaillant pour assurer la sécurité des citoyens" pour Louis Aliot

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INTERVIEW - Invité de Christophe Jakubyszyn ce mardi sur LCI, le vice-président du Rassemblement national a réagi à la proposition du rapport parlementaire remis ce mardi à Edouard Philippe visant à armer de manière systématique les policiers municipaux. Selon lui, "l'Etat se décharge clairement de sa responsabilité."

"C'est une idée qui a fait son chemin depuis longtemps puisque beaucoup de maires ont anticipé cette proposition." Invité par Christophe Jakubyszyn à commenter la proposition parlementaire visant à faire de l’armement de la police municipale la règle et non plus l'exception, Louis Aliot a indiqué ce mardi qu'il la voterait si elle arrivait à l'Assemblée. "Quand vous avez dans une ville de l'insécurité, les citoyens demande de la sécurité. Si la police nationale n'a pas les moyens de l'assurer et bien d'autres prennent la place. C'est la police municipale quelques fois mais de plus en plus ce sont des sociétés de sécurité privées", a-t-il expliqué, estimant que l'on assiste "à la privatisation de la sécurité dans notre pays" à laquelle le Rassemblement national est opposé.


Piloté par les députés LREM Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne) et Alice Thourot (Drôme), le rapport qui propose cette systématisation de l'armement de la police nationale doit être remis à Edouard Philippe ce mardi. "Encore faut-il que les municipalités ne soient pas ponctionnées de leur moyens de fonctionnement et que ça soit une charge supplémentaire qu'elles assumeraient alors que déjà elles paient les restrictions budgétaires opérées par ce gouvernement," a néanmoins souligné le vice-président du Rassemblement national qui y est favorable. Selon lui, beaucoup de policiers municipaux "ont une arme et bien souvent font le travail sur le terrain de la police nationale qui manque d'effectif, qui manque de moyens et donc qui laisse le terrain libre aux polices municipales."

"Un moyen de pallier au manque d'effectif, au manque de moyen"

Et le député des Pyrénées-Orientales, convaincu que "l'Etat se décharge clairement de sa responsabilité" et que "la nature a horreur du vide", s'explique : "Je le vois bien a Perpignan qui s'est armée d'une police en grand nombre, armée, et on voit bien qu'elle se substitue petit à petit à la police nationale sans en avoir les moyens ou en tout cas les moyens juridiques." 


S'appuyant sur l'exemple des manifestations dans cette ville dont il est conseiller municipal dans l'opposition, il estimé qu'"heureusement qu'il y a les polices municipales parce que l'Etat serait défaillant pour assurer la sécurité des citoyens." Et d'ajouter que la proposition de rendre obligatoire l'armement des policiers municipaux est "un moyen de pallier au manque d'effectif, au manque de moyen", alors que "quelques fois même la police nationale est moins bien équipée que la police municipale ce qui pose le problème de la police, de l'autorité de l'Etat, et du débat que nous devrions avoir sur les forces de sécurité en France."

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