Calais : comment Sarkozy avait géré la crise des migrants lorsqu’il était au pouvoir ?

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FLASH BACK - Ce lundi, François Hollande est à Calais. Quelques jours avant c'était Nicolas Sarkozy. Alors que la crise des migrants est un enjeu de la campagne électorale, LCI revient sur l'action du candidat Les Républicains, en tant que ministre de l’Intérieur puis président de la République.

Officiellement, François Hollande n'est pas en campagne. Mais sa visite à Calais en a comme un avant-goût, cinq jours après la venue de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite.


Alors que la crise des migrants est un enjeu important de la campagne, LCI fait un zoom sur l'action de ce dernier en la matière. En effet, ce dossier n’est pas totalement inconnu de l’ancien ministre de l’Intérieur et président de la République. De quelle façon avait-il géré la crise lorsqu’il était au pouvoir ?

Décembre 2002 : fermeture de Sangatte

Le centre de Sangatte est créé en 1999 sous l’impulsion de la Croix-Rouge, suite à l’afflux de migrants en provenance du Kosovo. Un hangar de 27.000 m2, ancienne usine Eurotunnel, est réquisitionné par l’Etat pour y accueillir les personnes en transit vers l’Angleterre et en attente des autorisations nécessaires pour traverser la Manche. Prévu pour 800 personnes, Sangatte accueillera très vite entre 1500 et 2000 migrants.


Pour mettre fin aux conditions de vie précaires dans le hangar, et pour apaiser les tensions avec la population locale, Nicolas Sarkozy décide de fermer le centre, sous l'oeil des caméras. Le ministre de l'Intérieur de l'époque subit également la pression du Royaume-Uni, qui considérait que Sangatte était un réservoir d'immigrants clandestins toléré par la France, et qui voulait limiter le passage de ses frontières aux non-ressortissants européens qui ne disposaient pas d’un visa.


Lors de sa fermeture, 1600 migrants se trouvaient à Sangatte, et en trois ans, 70.000 personnes y avaient transité. Après la fermeture du hangar, le nombre de migrants chute considérablement - 400 fin 2005 - avant de remonter à la fin des années 2000. 

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Sarkozy en visite à Calais : à quoi faut-il s'attendre ?

Février 2003 : traité du Touquet

Nicolas Sarkozy, toujours ministre de l’Intérieur, signe avec son homologue britannique David Blunkett le traité du Touquet, qui renforce les contrôles frontaliers dans les ports de la Manche et de la mer du Nord à destination du Royaume-Uni. Il facilite les contrôles frontaliers dans les ports et crée un cadre juridique pour que les agents français et britanniques puissent effectuer des contrôles dans les deux pays indifféremment. Si les agents britanniques estiment que les candidats qui souhaitent rejoindre le pays ne remplissent pas les conditions nécessaires, ils restent en France. A l’époque, les signataires ne s’attendaient pas à ce qu’autant de migrants souhaitent rejoindre le Royaume-Uni. La France s’est donc retrouvée avec des milliers de migrants sur son territoire.


Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy souhaite renégocier cet accord. "Puisque la plupart de ces étrangers viennent à Calais pour passer en Grande-Bretagne, je veux que nos amis britanniques assument désormais le traitement des demandes de ceux qui veulent l’asile chez eux, dans un centre fermé, en Grande-Bretagne, et assument également le retour de ceux qui seront déboutés", explique-t-il. 

Septembre 2009 : démantèlement de la première "jungle" de Calais

Après la fermeture de Sangatte, les clandestins errent et s’installent dans des campements sauvages dans les forêts alentours et près du port de Calais. La première "jungle", nommée ainsi par ses occupants, est peuplée par 800 migrants et finit par être démantelée dans un certain fracas médiatique en 2009 par Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale de Nicolas Sarkozy. Une centaine de migrants sont arrêtés et les lieux, rasés par les bulldozers. Cela n'empêchera pas les camps de se multiplier.

Entre 2010 et 2014, environ 500 migrants vivaient dans des campements de fortunes. Ce chiffre a explosé à l'été 2014, pour atteindre 2500 personnes en décembre de la même année, selon la préfecture du Nord-Pas-de-Calais. Leur nombre ne cessera d'augmenter. Selon certaines associations, ils seraient aujourd'hui plus de 10.000. Raison pour laquelle le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a proposé de déployer la plupart d'entre eux sur tout le territoire français. Au grand dam de Laurent Wauquiez, successeur de Nicolas Sarkozy à la tête de Les Républicains et fidèle de l'ancien chef de l'Etat.

VIDEO - Calais : Début des travaux pour la construction du mur pour les intrusions des migrants

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Calais : Début des travaux pour la construction du mur pour les intrusions des migrants

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