Sarkozy : la justice enquête sur un possible trafic d'influence

Sarkozy : la justice enquête sur un possible trafic d'influence

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AFFAIRES - Comme le révèle Le Monde, la justice est en possession d'écoutes téléphoniques mettant en cause Nicolas Sarkozy. Plusieurs des éléments entre les mains des enquêteurs montrent que l'ex-Président a usé de son influence pour obtenir des informations quant à la procédure concernant la saisie de ses agendas, dont les juges en charge de l'affaire doivent rendre leur conclusion mardi.

La justice n'en a décidément pas fini avec Nicolas Sarkozy. A partir du 19 avril 2013, elle a mis l'ancien président de la République sur écoute dans le cadre d'une information judiciaire pour ''corruption'', ouverte à Paris, a révélé vendredi Le Monde . Objectif : enquêter sur un éventuel soutien financier de la Libye lors de la campagne présidentielle 2007.

Les enquêteurs s'intéressaient alors aussi à plusieurs de ses proches conseillers, comme son avocat Thierry Herzog ou encore ses anciens ministres de l'Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant. Se sachant surveillé, l'ancien Président a tenté d'assurer ses arrières en usant d'un second téléphone, enregistré sous un faux nom, pour communiquer avec son avocat. Mais le stratagème a été déjoué, et le second appareil a fait à son tour l'objet d'écoutes.

Informé par un haut magistrat

Grâce à ces écoutes, les enquêteurs ont pu établir que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog se sont tenu au courant d'une procédure dont l'enjeu était crucial : le 11 mars prochain, la Cour de cassation doit déterminer si la saisie des agendas privés et officiels concernant l'affaire Bettencourt est licite ou non. Si elle devait être invalidée, une partie de la procédure en cours s'effondrerait et des éléments transposables à d'autres affaires impliquant l'ex-maire de Neuilly disparaîtraient. 

Pour connaître l'évolution de la procédure en cours au sein de la haute juridiction, le clan Sarkozy s'est appuyé sur Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation. Selon le quotidien, celui-ci aurait été reçu une fois par l'ancien Président et serait aussi un proche de Thierry Herzog. Pour informer Nicolas Sarkozy, le magistrat se serait servi de son Intranet professionnel.

Sarkozy fait jouer ses contacts

Mais ce service n'était pas gratuit. Par l'intermédiaire de Me Herzog, les conversations ont révélé que Gilbert Azibert aurait demandé à Nicolas Sarkozy de jouer de son influence pour lui décrocher un poste de conseiller d'Etat à Monaco. L'ensemble de ces écoutes ont donc donné lieu depuis à une ordonnance "de soit-communiqué" (ndlr : ordonnance du président du tribunal prescrivant la communication au Ministère public de certaines requêtes) envoyée au parquet national financier (PNF), afin d'ouvrir des procédures pour violation du ''secret de l'instruction'' et ''trafic d'influence''.

La première doit déterminer comment l'ancien locataire de l'Elysée a eu vent des écoutes à son encontre. La deuxième : s'il a influencé la carrière d'Azibert. Sur ce dernier point, les enquêteurs se penchent notamment sur une semaine que Nicolas Sarkozy a passée à Monaco en février, lors de vacances en famille. Dans ce cadre, la Police judiciaire a procédé - entre Paris, Nice et Bordeaux - à cinq perquisitions aux logements et bureaux de Thierry Herzog et Gilbert Azibert, afin de trouver des traces d'échanges entre les protagonistes. A la suite de cette opération, la PJ devra examiner les deux téléphones ainsi que des échanges de mails avec Nicolas Sarkozy, entre autres. Un préalable dans une nouvelle affaire qui ne fait que commencer.

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