Sarkozy : retour sur deux ans de silence assourdissant

Politique
STRATÉGIE DES CARTES POSTALES - Il revient, mais était-il vraiment parti ? Nicolas Sarkozy, qui vient d'annoncer sa candidature à la présidence de l'UMP, aura savamment préparer son come-back ces deux dernières années. Metronews recense tous ces petits cailloux semés sur le chemin du retour.

"Vous ne me verrez plus en cas de défaite", avait prévenu Nicolas Sarkozy avant la présidentielle de 2012. Une affirmation qui prête à sourire après l'annonce, vendredi sur son compte Facebook, de sa candidature à la présidence de l'UMP. Mais l'ex-chef de l'Etat est-il jamais vraiment parti ? Pendant deux ans, il n'aura cessé de semer des petits cailloux sur le chemin du retour , appliquant inlassablement sa stratégie des "cartes postales", ces apparitions disséminées par petites touches sur la scène médiatique. L'heure est venue de relever le courrier.

Rebonds sur l'actualité
Il y a d'abord eu un communiqué, dès le mois d'août 2012, dans lequel il réclamait une action de la communauté internationale en Syrie. Rien de tel pour soigner sa stature d'homme d'Etat et critiquer, en creux, son successeur. Nicolas Sarkozy utilisera ensuite à plusieurs reprises l'actualité pour sortir du silence, souvent à la veille d'échéances électorales. Il en est ainsi de sa tribune publiée en mai dernier dans Le Point , juste avant les européennes, où il livrait sa vision de l'UE. Déjà lors de municipales de mars ( où il s'était affiché en vedette lors d'un meeting de NKM ), il était parvenu à se faire attribuer une partie des lauriers de la victoire de l'UMP en rédigeant, deux jours avant le premier tour, un texte paru dans Le Figaro .

Aléas judiciaires
Mais il s'agissait alors moins de parler de politique que de ses ennuis judiciaires, avec un plaidoyer pro domo en réaction à la divulgation d'écoutes de ses conversations privées. Car l'ex-chef de l'Etat, loin de maîtriser son agenda, a été souvent poussé à sortir du bois. Comme lorsqu'en mars 2013 il avait utilisé Facebook pour qualifiée d’"injuste" sa mise en examen pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt :

Ce sont aussi les affaires qui auront motivé sa seule interview télévisée durant ces deux ans de retenue médiatique. Après sa mise en examen dans celle des écoutes, il était intervenue le 2 juillet dernier sur TF1 dans un entretien enregistré depuis son bureau de la rue de Miromesnil.

Sarkozy 2.0
Pour se rappeler au bon souvenir des Français, c'est bien Facebook qu'il préfère. C'est encore ce réseau social qu'il avait choisi en juillet 2013, après le rejet de ses comptes de campagne, pour reprendre dans un post très politique "sa liberté de parole", et appeler ses soutiens à l'aider financièrement. Trois jours plus tard, il sera accueilli en rock-star par les militants lors d'un bureau politique convoqué pour l'occasion à l'UMP. Mais non, leur assure-t-il alors sur Twitter, l'heure du retour n'a pas encore sonné.

Facebook lui a aussi permis d'entretenir de manière plus légère la flamme avec ses partisans. Le 24 décembre 2012, il leur avait ainsi adressé ses vœux de Noël : "Sachez que là où je suis, et partout où je vais, je pense à vous." La proximité, il l'a aussi jouée sur Instagram . Au tout début de l'année, il s'y était affiché en Français lambda, en publiant une photo de lui au comptoir d'un café, décontracté parmi les clients.

Petites phrases
Derrière ces apparitions publiques, ce sont surtout des petites phrases, disséminées ici et là hors des caméras, qui lui ont permis d'entretenir l'idée de son retour. "La petite actualité politique, je ne veux plus m'en occuper La France, c'est autre chose", glisse-t-il ainsi à l'occasion d'une remise de décoration en septembre 2013. Avant de faire savoir quelques mois plus tard à Londres, pendant une de ses nombreuses conférences à l'étranger, qu'il reviendra "si l'on a besoin de lui". Encore plus explicite : "Si les Français le veulent"(…), "on se reverra bientôt", souffle-t-il lors de son 58e anniversaire en janvier 2013. A chaque fois ces quelques mots, traqués par les médias, donnent lieu à un flot de commentaires.

Pour être exhaustif, il faudrait aussi aborder ses sorties "people" au Parc des Princes ou lors des concerts de Carla Bruni , sa médiation en coulisses lors de la crise à l'UMP, ses propres confidences ou celles, innombrables, de ses proches dans la presse... Décidément, non, Sarkozy le revenant n'a jamais vraiment quitté l'arène.

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