Sarkozy sur écoute, affaire Copé... Sale semaine pour l'UMP

Sarkozy sur écoute, affaire Copé... Sale semaine pour l'UMP

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AFFAIRES - Trois polémiques en huit jours ont ébranlé l'UMP et ses ténors. D'un côté Jean-François Copé d'avoir sponsorisé de deux ses proches avec les fonds de l'UMP, de l'autre Nicolas Sarkozy, soupçonné par la justice de trafic d'influence. Sans oublier les enregistrements controversés de Patrick Buisson.

Trois affaires en 8 jours et deux ténors de l'UMP touchés par la polémique. Entre le discours critiqué de Jean-François Copé sur son implication dans l'affaire Bygmalion, les fuites d'enregistrements de Patrick Buisson et les soupçons de trafic d'influence de Nicolas Sarkozy, l'ancien parti majoritaire a vécu une sale semaine. De lundi à vendredi, les révélations se sont succédé. metronews revient sur cette semaine agitée.

Lundi, le discours de Jean-François Copé

La semaine débute tout juste, que l'on attend à 11 heures le discours de Jean-François Copé. Une horde de journalistes prend son mal en patience avant cette "déclaration solennelle", à la suite des accusations du Point à son encontre. Jeudi dernier, l’hebdomadaire l’accusait d’avoir sponsorisé avec de l’argent de l’UMP, l’agence Bygmalion , fondée par deux de ses proches, Sébastien Millot et Guy Alvès . Le tout pour un montant de 8 millions d’euros, grâce à diverses surfacturations sur l’organisation de meeting durant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

L’air grave, le patron de l’UMP s’est donc présenté face à la presse quarante-cinq minutes plus tard avant de se lancer dans une longue tirade tantôt offensive, tantôt victimaire, parlant de "chasse à l'homme", de méthodes "dignes de l'inquisition" et de "bûcher médiatique".

Bygmalion ? Pas un mot

Une emphase qui ne fait que préparer le coup de théâtre à venir : "Je déposerai sur le bureau de l'Assemblée nationale à la reprise de ses travaux une proposition de loi très simple et très claire, annonce-t-il alors. Elle demandera à chaque parti ayant des représentants à l'Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen", de publier leurs comptes depuis 2007. Et même chose sera demandée aux patrons de presse, avec une seconde proposition de loi. En attendant une éventuelle adoption, l'intégralité de la comptabilité de l'UMP sera placée dans une pièce "qui sera scellée par un huissier".

Moins de quinze minutes passées sur l’estrade et le voilà reparti. Derrière, les critiques fusent sur les propositions de transparence. A gauche, on pointe les positions de Jean-François Copé qui avait refusé de voter le projet de loi sur la transparence après l’affaire Cahuzac. A droite, le silence demeure. La stratégie, elle, laisse songeuse, lorsqu’on sait que l’UMP ne dispose d’aucune majorité à l’Assemblée Nationale pour voter ces deux initiatives. Conclusion, les comptes de l’UMP ne devraient pas être publiés

Et l’affaire Bygmalion dans tout ça ? Rien. Pas un mot.
 
Mercredi, les enregistrements de Patrick Buisson

"Un micro était caché dans le Buisson." Mercredi, le Canard Enchaîné épingle Patrick Buisson . L'hebdomadaire publie dans son édition ce qu'il présente comme le verbatim d'un après-midi à l'Elysée, enregistré par l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'aide d'un Dictaphone.

La scène se serait déroulée le 27 février 2011, lors d'une réunion de travail autour de Nicolas Sarkozy et à quelques heures d'un remaniement. Patrick Buisson, Henri Guaino, le conseiller spécial de l'ex-président, Franck Louvrier, son conseiller en communication, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard et le sondeur Pierre Giacometti règlent les dernières modalités du discours. Ils ignorent tous qu'un appareil enregistreur tourne sous la table. Le site d’information Atlantico révélera d'autres écoutes le lendemain.

"Ces connards de chiens"

Dans les colonnes du Canard Enchaîné, on trouve notamment cet échange entre l’ex Président qui vient d’annoncer le remaniement et son espion de conseiller. Sarkozy : "On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient (dans les jardins élyséens) ? "Buisson spirituel : "Tu parlais des journalistes ?" Avant de justifier son nom de "fayot" : "C'était très bien ! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher."

Le lendemain, d’autres extraits sont publiés par Atlantico . Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Nadine Morano en prennent d’ailleurs pour leur grade. Et pas forcément de manière très fine. 

Parmi les autres enregistrements révélés, on relève aussi une conversation en présence de l’ex-première Dame. Les petites piques de Carla à son mari sortent au grand jour et amènent le couple Bruni-Sarkozy à porter plainte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée".


Vendredi, Sarkozy soupçonné de trafic d'influence

Depuis le 19 avril 2013, la justice avait décidé de mettre Nicolas Sarkozy sur écoutes . Son avocat Thierry Herzog, Brice Hortefeux et Claude Guéant aussi. Comme le révèle Le Monde , les enquêteurs souhaitent recueillir des preuves dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris pour "corruption", dans le cadre d’un éventuel financement de la campagne 2007, par la Libye.

Grâce à cette surveillance, les enquêteurs vont découvrir tout d’abord que l’ancien Président se savait écouté. Comment l’a-t-il su ? Pour contourner le système, Me Herzog lui fournit un second téléphone enregistré sous un faux nom. La justice finit par comprendre le stratagème et place la ligne sous surveillance.

Aidé par un haut magistrat

Grâce à ces écoutes, les enquêteurs ont pu établir que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog
sont au courant de la procédure concernant les agendas officiels et privés de l’ex, dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Le 11 mars prochain, la Cour de cassation doit ainsi déterminer si leur saisie est licite ou non. En cas d’invalidation, une partie de la procédure en cours s'effondrerait et des éléments transposables à d'autres affaires impliquant l'ex-maire de Neuilly disparaîtraient.

Pour obtenir des informations sur l'évolution de la procédure, Sarkozy se serait appuyé sur un proche de Thierry Herzog, qui n’est autre que Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation. Le magistrat aurait lui utilisé son Intranet professionnel afin de fournir des renseignements.

Mais le service n’a rien de gratuit. Les enquêteurs soupçonnent l’ancien candidat à la présidentielle de jouer de ses relations pour que Gilbert Azibert obtienne un poste comme conseiller d’Etat de Monaco. L’ensemble de ces écoutes ont permis depuis d’ouvrir des procédures pour ''violation du secret de l’instruction'' et ''trafic d’influence''.

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