Sarkozy sur écoute : Valls et Taubira, un mensonge d'Etat ?

Sarkozy sur écoute : Valls et Taubira, un mensonge d'Etat ?

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POLITIQUE – Les déclarations se succèdent et ne se ressemblent pas dans l'affaire des écoutes de Sarkozy. Ce mercredi, sur RTL, le ministre de l'Intérieur a infirmé avoir été mis au courant avant les révélations du Monde, le 7 mars, plaidant "l'indépendance de la justice".

Il l'a su par la presse. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls l'affirme, ce mercredi matin sur RTL, il savait effectivement qu'il y avait une enquête ouverte sur Nicolas Sarkozy, mais seulement "à l'occasion des révélations du Monde ", le 7 mars dernier. Ces déclarations surviennent au lendemain de l'intervention du Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur France 2 , qui affirme que lui et Christiane Taubira ont été mis au courant des écoutes entre l'ancien Président et son avocat le 26 février, date à laquelle une information judiciaire a été ouverte. Une déclaration qui met à mal celle de la Garde des Sceaux : lundi, elle déclarait sur TF1, à l'image de son confrère de l'Intérieur, n'être au courant que depuis les révélations du quotidien.

Mercredi, c'est le Canard Enchaîné qui en rajoute une couche dans son édition hebdomadaire. Selon lui, pas de doute : Valls et Taubira savaient forcément, et depuis longtemps. La Garde des Sceaux recevrait "régulièrement un résumé du déroulé de l'enquête, comprenant une synthèse des écoutes téléphoniques". Quand au ministre de l'Intérieur, les officiers de police judiciaire peuvent "à sa demande, lui faire parvenir régulièrement leur rapport sur l'avancement de l'enquête", écrit l'hebdomadaire.

Valls savait pour Hortefeux

Pourtant, Manuel Valls l'a martelé au micro de RTL, il ne savait pas, précisant seulement avoir été mis au courant des écoutes concernant l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux : "Je savais qu'il y avait une enquête sur le financement de la campagne de 2007 par la Libye. En décembre, j'avais été informé des interceptions concernant Brice Hortefeux. Les choses sont aussi simples que cela." Et de brandir "l'indépendance de la justice" et celle "des magistrats qui savent parfaitement prendre leur précaution qui s'impose pour préserver l'enquête, même à l'égard de leur ministre de tutelle", a-t-il insisté. Quant au président de la République, il aurait été informé, selon le ministre de l'Intérieur, le 4 mars, le jour de la perquisition du cabinet de l'avocat de Sarkozy et du magistrat soupçonné d'informer l'ancien Président sur le suivi de l'affaire Bettencourt.

A la question sur le "mensonge d'Etat" qu'est accusé d'avoir fait Christiane Taubira, qui a nié avoir été mise au courant avant les révélations dans la presse, Manuel Valls a botté en touche, parlant d' "hystérisation (sic) collective" et de "machine à diversion". "Depuis 10 jours, on vit au rythme de l'affaire Copé , on vit au rythme des enregistrements faits par un collaborateur proche de l'extrême droite de Nicolas Sarkozy, de l'affaire Bettencourt et d'un financement illégal de la campagne de 2007. Et on veut nous faire croire que c'est ce gouvernement qui est en faute ?" Pour le ministre, ces accusations sont tout simplement "grotesques".
 

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