"Sécurité globale" : cet article 24 polémique inspiré à Gérald Darmanin par les syndicats de police

Loi sécurité global et floutage des policiers : ce que prévoit le texte voté par les députés
Politique

SÉCURITÉ - En multipliant les gestes en direction des syndicats de police, notamment avec l'article 24 encadrant la diffusion d'images des forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur s'est mis à dos les journalistes et une partie de l'opposition. Au point de devoir revoir sa copie, sous la supervision de Jean Castex.

La proposition de loi sur la "sécurité globale", débattue en ce moment à l'Assemblée nationale, est issue d'un texte de la majorité LaREM qui a été considérablement enrichi à l'automne, avec pour objectif de mieux protéger les forces de l'ordre. Reçus à plusieurs reprises dans ce cadre par Emmanuel Macron, puis par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, les syndicats de police n'ont cessé de réclamer un meilleur soutien dans l'exercice de leurs fonctions. Les agressions à leur encontre survenues ces derniers mois -  attaque aux mortiers d'artifice d'un commissariat du Val-de-Marne, agression par balles de deux policiers à Herblay, agents renversés volontairement dans l'exercice de leurs fonctions - ont donné du poids à leurs revendications.

"Jamais nous n'accepterons la violence et l'irrespect envers nos policiers", avait promis sur Twitter Emmanuel Macron le 15 octobre dernier à l'issue d'une réunion avec les représentants des forces de l'ordre à l'Elysée. "Je l'ai dit ce matin à leurs représentants : nous allons amplifier les moyens, mieux les protéger. Comme tous les Français, nous comptons sur eux", avait ajouté le président de la République.

Mais aujourd'hui, la satisfaction des syndicats de police est proportionnelle à la colère des journalistes et plus généralement défenseurs des libertés publiques. Parmi les dispositions les plus polémiques de la proposition de loi LaREM figure cet article 24, qui prévoit de pénaliser la diffusion "malveillante" des images de forces de l’ordre. Un article réformant la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui est jugé "liberticide", au point de faire l'objet, vendredi, d'un appel de nombreuses rédactions, dont celle de TF1 et LCI. Face à la polémique et la colère, Jean Castex a lâché du lest et son ministre de l'Intérieur a déposé un amendement rappelant le principe de la liberté d'informer, examiné vendredi après-midi. 

Lire aussi

L'excès de zèle de Darmanin

Une question subsiste, qui agite jusqu'au sein de la majorité présidentielle : le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est-il allé trop loin dans ses promesses aux syndicats de police ? La semaine dernière, le locataire de Beauvau défendait même une mesure plus radicale, expliquant qu'il faudrait  flouter les visages des policiers et des gendarmes" avant de diffuser les images sur Internet. "Si vous voulez diffuser sur Internet de façon sauvage, pardon de le dire comme ça, vous devrez faire flouter les visages des policiers et des gendarmes", avait-il estimé. Une mesure que les syndicats de police réclament précisément de longue date. Pour autant, le floutage des visages des forces de l'ordre n'a finalement pas trouvé de traduction dans l'article 24 de cette proposition de loi.

En évoquant un durcissement de la loi, Gérald Darmanin avait froissé certains "marcheurs" et alliés de la majorité, comme le Modem, qui rejette cet article 24. Signe que la cohabitation est difficile au sein de la majorité et du gouvernement entre les défenseurs d'une ligne dure et sécuritaire incarnée par le ministre de l'Intérieur et les autres. Aujourd'hui, de nombreuses voix au sein de la majorité se dissocient du ministre de l'Intérieur. "Gérald a voulu pousser son avantage un peu trop loin", "il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, il a été volontairement flou pour faire plaisir à ses troupes", constatent des membres du gouvernement. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Voici les trois étapes de l'assouplissement du confinement jusqu'à janvier

EN DIRECT - Covid-19 : moins de 5000 nouveaux cas en 24 heures, une première depuis septembre

"Koh-Lanta" : avant la finale, qui remporte le match des réseaux sociaux ?

EN DIRECT - États-Unis : le camp Biden salue la mise en place d'un "transfert du pouvoir pacifique"

EN DIRECT - Nicolas Sarkozy jugé pour corruption : le procès suspendu jusqu'à jeudi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent