Ségolène Royal, du Poitou-Charentes au ministère de l'Environnement : a-t-elle la main verte ?

Ségolène Royal, du Poitou-Charentes au ministère de l'Environnement : a-t-elle la main verte ?

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GOUVERNEMENT – Ségolène Royal , qui vient d'être nommée n°3 du gouvernement, va abandonner la présidence de la région Poitou-Charentes. Entre son expérience en tant que ministre de l'Environnement en 1992 et son bilan à la tête de sa région, elle a de quoi vanter ses mérites pour ce nouveau maroquin.

Plus qu'une entrée, c'est un retour au gouvernement. Nommée ce mardi au ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie , Ségolène Royal, qui quitte donc la présidence du Conseil régional de Poitou-Charentes,  connaît bien ce ministère. Et sait qu'elle sera surveillée de très près pour cette quatrième expérience gouvernementale. Par ceux qui lorgnaient sur son poste, par ceux qui l'ont toujours combattue et, surtout, par les écologistes qui ont décidé de refuser ce ministère. Mais quelle expérience écologique Ségolène Royal peut-elle mettre en avant pour légitimer sa nomination ? Metronews retrace son parcours environnemental.

Coïncidence, il y a 22 ans jour pour jour , le 2 avril 1992, l'ancienne candidate à la présidentielle était nommée ministre de l'Environnement sous Pierre Bérégovoy. Ironie de l'histoire, elle avait été choisie à ce poste après un refus des Verts d'entrer au gouvernement. Elle s'était notamment fait remarquer pour avoir adopté une attitude ferme vis-à-vis des Etats-Unis lorsqu'elle représentait la France au sommet de la Terre à Rio. Elle avait d'ailleurs tenu ses promesses en adoptant une loi sur le traitement des déchets et sur "la reconquête des paysages". Si l'écologie, une nouveauté à l'époque, ne renfermait pas autant de problématiques qu'aujourd'hui, Ségolène Royal avait su montrer un véritable intérêt pour son poste. Un intérêt qu'elle consacrera à sa région.

Bon bilan de son "laboratoire régional"

"J’ai été classée par l’Europe première région écologique", a souvent déclaré la présidente de la Région Poitou Charentes. Si cette première place, souvent vantée par Ségolène Royal, n'est en fait indiquée sur aucun classement européen , la socialiste a brillamment été réélue en 2010 et ne cesse de vanter son bilan dans sa région, le "laboratoire" de ses idées. Fidèle à "la politique par la preuve", on la voit au côté des victimes de la tempête Xynthia, des salariés d’Heuliez, prôner sa "croissance verte" avec voiture électrique et éco-énergies. On lui reconnaît aussi son soutien à un dispositif incitatif unique en France, qui a porté à 70% la part des logements sociaux neufs dans sa région, contre 22% au niveau national.

Après l'annonce de son entrée au sein du gouvernement, Greenpeace a remis en ligne un questionnaire qui lui était adressé en 2011 , lorsqu'elle était candidate aux primaires socialistes. L'occasion pour l'organisation de saluer son combat, tout en regrettant son manque d'engagement sur certaines questions. Comme François Hollande, elle s'était alors prononcée pour une sortie du nucléaire en France à "échéance de quarante ans maximum" et se disait "favorable à l'interdiction" de l'extraction du gaz de schiste tant que "la maîtrise" de cette exploitation n'était pas garantie. Pas sûr que cela plaise à Arnaud Montebourg, qui a plusieurs fois plaidé pour cette énergie.

Soucieuse de marquer son indépendance, Ségolène Royal a souvent montré qu'elle avait "sa" propre vision de l'Environnement. La "social-écologie" un concept qu'elle a rappelé ce mardi lors de la passation des pouvoirs et qui doit être "un levier de sortie de crise très efficace". Elle a ainsi bataillé contre la taxe carbone voulue par Nicolas Sarkozy en 2009, ou contre la contribution climat énergie proposée par le gouvernement l'été dernier, quitte à marquer son désaccord avec les écologistes. "Je les associerai (les écologistes) de toutes mes forces à mon travail", a-t-elle voulu rassurer. Reste à voir si cela suffira.

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