Ségolène Royal face à sa gestion de la région Poitou-Charentes : ce qu'il faut retenir

Politique

POLEMIQUE - La ministre de l'Ecologie doit faire face à des accusations de mauvaise gestion de la région Poitou-Charentes, lorsqu'elle en était la présidente. Elle aurait laissé la région dans une très mauvaise situation financière.

► Ce qu'on lui reproche
Un audit financier, commandé par le socialiste Alain Rousset, à la tête de la région unissant désormais l'Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes, pointe la gestion de cette dernière entre 2013 et 2015. Une période où Ségolène Royal puis Jean-François Macaire ont présidé la région. L'audit évoque la "situation financière alarmante" de la région qui aurait été "vraisemblablement en faillite et en banqueroute sans la fusion des régions", selon le président de la commission des Finances de la région, Olivier Chartier (LR). Epargne quasi-nulle, sous-budgétisation ou encore emprunts à très hauts risques sont pointés du doigt dans l'audit. "C'est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte", synthétise Florent Boudié, vice-président PS de la commission des Finances.

Sa réponse
Ségolène Royal n'a pas tardé à contre-attaquer, à la suite de ces révélations. Invitée dimanche du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de l'Ecologie a annoncé qu'elle se réservait le droit de déposer une plainte contre Alain Rousset, dénonçant "des propos diffamatoires et négatifs". "Je le dis calmement mais très fermement: oui, c'est faux", a-t-elle notamment affirmé, ajoutant que le président de la nouvelle région, comme "tout nouveau dirigeant, noircit le tableau de son prédécesseur pour apparaître comme le sauveur". Ségolène Royal dénonce une mesure qui vise à "l'affaiblissement d'un membre du gouvernement". Pour elle, c'est la réussite de ses politiques qui "dérange". 

 Quelles suites?
Ségolène Royal pourrait porter plainte contre Alain Rousset. Mais au-delà ce cette action en justice, Olivier Chartier a annoncé qu'un complément d'audit, plus poussé, sera demandé, afin d'éclaircir certaines zones d'ombres. Il demande à la ministre de l'Ecologie, et à son successeur Jean-François Macaire, "de s'expliquer, d'une façon ou d'une autre, sur la situation", dénonçant sa décision de "botter en touche". La chambre régionale des comptes a également été saisie. Elle devrait rendre un rapport à l'automne. Ce sera ensuite au juge des comptes qu'il reviendra d'apprécier "d'éventuelles responsabilités, et d'engager des procédures contre Ségolène Royal.

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