Ségolène Royal et la présidentielle 2022 : ira, ira pas ?

Ségolène Royal et la présidentielle 2022 : ira, ira pas ?
Politique

AMBITION - Contrainte de quitter ses fonctions d'ambassadrice des pôles, et bien que visée par une enquête du parquet national financier, Ségolène Royal évoque ouvertement la prochaine échéance présidentielle. Elle affirme se tenir "prête" au cas où elle serait la mieux placée.

Elle est passée, en six mois, de discrète alliée à première opposante d'Emmanuel Macron. Ségolène Royal, qui doit quitter ses fonctions d'ambassadrice des pôles en raison de ses multiples critiques adressées au gouvernement et se retrouve visée par une enquête du parquet national financier, n'a pas attendu d'être totalement libérée de sa mission pour rentrer dans l'arène politique et tirer à feu nourri sur la majorité. 

On est bien loin des compliments adressés en privé aux propositions d'Emmanuel Macron sur le climat, lorsque Ségolène Royal soutenait implicitement la liste LaREM aux élections européennes de 2019. Depuis la rentrée - voire depuis le début du quinquennat -, il y avait bien de l'eau dans le gaz. "Est-ce bien le moment de supprimer 1800 postes dans l'Education nationale ?", pointait-elle déjà en octobre sur RTL. "Notre pays ne veut pas le déclassement et la précarité", piquait-elle, en novembre, sur Twitter, à propos des réformes en cours, jugeant celle des retraites "profondément injuste" quelques jours plus tard. 

Mais depuis l'annonce de son départ de son poste d'ambassadrice au nom de la "liberté d'opinion et d'expression" qu'elle revendique, il n'est plus un jour sans que l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 n'attaque l'action de l'exécutif. Voilà l'ancienne ministre fustigeant une réforme des retraites qui apporte "un invraisemblable désordre social qui sème la souffrance", réclamant "l'interdiction du glyphosate promise en trois ans" par le gouvernement, ou défendant le personnel des hôpitaux "maltraité et en souffrance". 

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"Ça va être terrible"

Non contente de critiquer frontalement la politique d'Emmanuel Macron, Ségolène Royal ne se prive pas d'évoquer l'échéance présidentielle de 2022. "Le face-à-face Macron-Le Pen est un gros problème", a-t-elle estimé jeudi sur BFMTV. "On ne voit pas se dessiner un autre choix. Je contribuerai à ce qu'une troisième voie se dessine. Je soutiendrai celui ou celle qui sera le mieux placé". Avant d'ajouter : "Si c'est moi, à ce moment-là, je serai prête". 

Une perspective qu'elle avait d'ailleurs déjà ouverte auparavant. En septembre dernier, est avait estimé auprès du Figaro que sa candidature en 2022 serait "logique", compte tenu de ses convictions féministes et écologistes. Un peu plus tôt, en août, elle vantait déjà sa possible candidature, "mais pas sous l'étiquette socialiste", dans une interview à Radio-Canada. 

"On essaye de l'étouffer. Le gouvernement pense qu'il va pouvoir la museler mais ça va être terrible", pronostique auprès de LCI un responsable du Parti socialiste, pointant la démission contrainte de l'ambassadrice et l'enquête du PNF. "La situation a commencé à se dégrader quand elle n'a pas eu ce qu'elle voulait [un ministère, NDLR]. Elle n'a pas eu la reconnaissance qu'elle voulait."

"Prématuré"

Pour ce cadre PS, les ambitions de l'ancienne candidate de 2007, quelle qu'elles soient, ne concernent plus le parti de Jaurès. "Elle ne se revendique plus socialiste, ce n'est pas à nous de la défendre", juge-t-il. "Elle appartient au passé de notre histoire."

Le patron du PS, Olivier Faure, a d'ailleurs accueilli fraîchement les déclarations de Ségolène Royal, jeudi matin sur LCI. "La question de l'incarnation, quand elle vient tôt, en général, ça finit mal. Pour l'instant, la question n'est pas posée", a-t-il évacué. 

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L'interview politique d'Elizabeth Martichoux du 16 janvier 2020 : Olivier Faure

"Ségolène Royal a eu des positions qui n’étaient pas systématiquement calées sur celles du PS", a ajouté Olivier Faure. "Elle a même choisi de ne plus en être membre. Donc ne me demandez pas à moi, qui suis premier secrétaire du PS, si elle sera la candidate du PS. Pour l’instant c’est prématuré."

Un ancien responsable PS en est sûr : "Elle est clairement habitée par la flamme pour 2022", confie-t-il à LCI. Avant de persifler : "Ségolène Royal et François Hollande, c'est un peu les Thénardier du PS. Ils ont toujours vécu sous les ors de la République, et jamais envisagé de faire autre chose, de connaître une autre vie". 

A plus de deux ans de la prochaine présidentielle, l'hypothétique stratégie de Ségolène Royal pour se présenter n'est pas encore claire. Son ancien laboratoire d'idées, Désir d'avenir, semble tourner pour l'heure au ralenti, au vu des publications très intermittentes sur le site officiel. Idem pour la fondation "Désir d'avenir pour la planète", qu'elle a créée en 2018. Quant à son agenda politique, il se cantonne pour le moment à une visite de soutien à Samia Ghali, à Marseille, le 23 janvier. Une candidate qui compte se présenter... Contre les listes soutenues par le PS et par LaREM. 

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