Ségolène Royal soutient la mise en scène de l'arrestation de lycéens à Mantes-la-Jolie : "Ça leur fera un souvenir"

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POLITIQUE - L'ancienne ministre de l'Environnement était l'invitée dimanche 9 décembre du "Grand Rendez-vous" CNEWS - Europe 1 - Les Echos. Alors que la scène des lycéens de Mantes-la-Jolie, agenouillés, mains sur la tête, devant des policiers, a indigné à travers le monde, elle a affiché une position pour le moins iconoclaste.

En 2007, alors candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal avait recommandé qu'on envoie l'armée pour encadrer des situations délétères dans certains établissements scolaires sensibles. Désormais ambassadrice pour les pôles, elle n'a pas franchement dévié, en défendant l'action des forces de l'ordre lors des arrestations polémiques, jeudi 6 décembre, de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie (Yvelines). La vidéo de ces lycéens, agenouillés en silence, les mains sur la tête, a depuis choqué à travers le monde. Mais ce n'est pas le cas de l'ancienne ministre socialiste. 

"Parmi ces jeunes, il n'y avait pas que des lycéens. Il y avait aussi des casseurs qui, avec une sauvagerie incroyable, ont commencé à allumer des feux un peu partout dans Mantes", a-t-elle affirmé ce dimanche. Elle ajoute : "Soyons un peu efficaces et un peu concrets. Ça ne leur a pas fait de mal, à ces jeunes, de savoir ce que c'est le maintien de l'ordre, la police, de se tenir tranquilles. Ça leur fera un souvenir. Et c'est pas mal pour leur redonner le sens de la réalité." 

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"Ces jeunes se sont effectivement retrouvés dans des postures qui choquent les plus anciens, parce que ça rappelle d'autres images", a admis Ségolène Royal, revenant alors à la posture gouvernementale sur le sujet, qui consiste peu ou prou à dire que les images sont effectivement "choquantes" mais que la procédure utilisée était légitime. "Mais les policiers ont parfaitement bien réglé les choses. Il n'y a eu aucun blessé (sic), aucun problème. C'est une bonne chose de voir de temps en temps qu'on ne laisse pas ces jeunes, ces casseurs, faire n'importe quoi, n'importe où et n'importe comment", a-t-elle insisté.

Ça n'était, de toute évidence, pas l'avis des manifestants ces derniers jours, pas plus que de nombreux responsables politiques et associatifs, qui ont unanimement dénoncé la mise en scène. Au coeur des mobilisations, la scène a d'ailleurs été singée par nombre d'activistes qui, face à tel ou tel barrage policier, s'étaient mis, genoux à terre, mains sur la tête, en signe de protestation.

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