Selon une étude, le niveau de participation aux municipales n'aurait pas accéléré la propagation du Covid-19

Les élections municipales à Perpignan en mars 2014.
Politique

POLÉMIQUE - Le maintien par l'exécutif du premier tour des municipales, le 15 mars dernier, n’aurait pas contribué à l’accélération de la propagation du virus, si l'on en croit une étude dévoilée ce vendredi dans le journal "Le Monde".

La décision d’Emmanuel Macron de maintenir les municipales, alors que le nouveau coronavirus (Covid-19) circulait dans l’Hexagone, a fait l’objet d’une controverse. Néanmoins, à en croire une nouvelle étude parue ce vendredi dans le journal Le Monde, le niveau de participation au premier tour, le 15 mars dernier, n'aurait "pas contribué statistiquement" à la propagation du virus. Pour arriver à constat, les auteurs de cette analyse, des statisticiens et des épidémiologistes, ont confronté les chiffres de la participation au premier tour à l'échelle des départements et la progression du coronavirus au niveau local.

 

"Nous n'avons pas trouvé d'effet statistique du niveau de participation dans chaque département sur les hospitalisations ultérieures pour Covid-19, mesurées localement", indique Jean-David Zeitoun du Centre d'épidémiologie clinique de l'Hôtel-Dieu à Paris, coordinateur de l'étude. "Dit autrement, ce n'est pas parce que les gens sont plus allés voter dans un département donné que la maladie s'y est propagée plus rapidement en matière d'hospitalisations", souligne l'épidémiologiste sur le site du quotidien Le Monde.

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Un scrutin à l'abstention record

Une étude qui tombe à pic. Le comité scientifique national doit en effet donner la semaine prochaine un avis au gouvernement sur la possibilité ou non d'organiser le second tour de scrutin fin juin. Déjà en mars, c’était avec l’appui de ce conseil scientifique que l’exécutif avait justifié le maintien de l’élection. Plusieurs assesseurs et élus, souvent très impliqués dans la campagne électorale, avaient cependant été victimes du Covid-19 après le premier tour, ce qui avait alimenté la polémique sur le maintien du vote en pleine épidémie.

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Le scrutin du 15 mars s'était aussi soldé par une envolée de 18 points de l'abstention par rapport aux municipales 2014, note l’étude. Cependant, "le différentiel d'abstention, par rapport à 2014, a pu être du même ordre dans des communes du Grand-Est, très touchées, que dans des régions de l'Ouest où la maladie était encore très rare", explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop et coauteur de ces travaux. 

Nous sommes également attachés à ce qu'il y a un consensus national autour de cette question.- Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement.

Interrogée sur les conclusions de cette étude, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a rappelé que le gouvernement s'appuiera sur l'avis du conseil scientifique pour décider de la tenue du second tour. "Nous sommes également attachés à ce qu'il y ait un consensus national autour de cette question pour que, au fond, ne se répète pas la situation que nous avons connue au premier tour, où beaucoup étaient d'accord avant et se sont découverts contre après", a-t-elle déclaré ce vendredi.

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L'étude mise en ligne sur la base de prépublication MedRxiv n'a "pas encore subi l'expertise par les pairs préalable à toute publication par une revue scientifique", précise le journal Le Monde sur son site internet.

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