"Sens commun", ce mouvement que draguent Sarkozy, Mariton et Le Maire

Politique
FOCUS - Les candidats à la présidence de l'UMP s’exprimeront samedi, chacun leur tour, au meeting de "Sens commun" à Paris. Mais quel est ce mouvement qui a su attirer les trois adversaires à quinze jours du scrutin ?

Il a réussi la prouesse de réunir les trois candidats à la présidence de l'UMP. Nicolas Sarkozy, Hervé Mariton et Bruno Le Maire se rendront samedi après-midi salle de l'Equinoxe, dans le 15e arrondissement de Paris, à l'invitation d'un mouvement baptisé "Sens commun". Nicolas Sarkozy ayant refusé tout débat avec ses deux adversaires, ils se succèderont sur l'estrade. Il n'empêche, aucun des trois n'a décliné l'invitation. Ce qui pose une question : quel est ce mouvement qui a réussi à attirer tous les candidats ?

" Sens commun " a été fondé en décembre 2013, sur les restes encore fumants du débat autour du mariage pour tous. Ses cinq fondateurs ont en effet en commun d'avoir battu le pavé en 2013 contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels. Aujourd'hui, ils veulent continuer à faire vivre leur combat au sein du principal parti de droite. "Nous avions pris acte de la mobilisation de plusieurs cadres UMP et c'était notre famille politique naturelle", nous explique la porte-parole du mouvement, Madeleine Bazin de Jessey. A 25 ans, cette professeure de lettres a co-fondé les "Veilleurs", ce groupuscule d'ultra-opposants au mariage pour tous qui se rassemblent, à la tombée de la nuit, pour des sit-in à la lueur des bougies.

Pour l'abrogation de la loi Taubira

Association à caractère politique, Sens commun est directement affilié à l'UMP. Y adhérer (pour 30 euros), c'est donc automatiquement devenir membre du parti de droite. Pour l'heure, il revendique 5000 adhérents. Une affluence non négligeable, en moins d'un an, qui explique peut-être en partie l'attention portée par les postulants à la présidence de l'UMP... Mais le mouvement n'est pas là pour nourrir l'UMP en troupes : il entend bien influencer sa ligne. Pour cela, un manifeste a été publié en octobre : "La droite que nous voulons". C'est ce texte qui sera présenté samedi et sur lequel Sarkozy, Mariton et Le Maire seront invités à prendre position.

Eclectique, le manifeste entend "redonner une colonne vertébrale à l'UMP" au-delà de la question du mariage pour tous. Avec des propositions "de bon sens", assez larges pour être consensuelles à droite : une école recentrée sur sa missions fondamentales, une Europe plus démocratique ou encore une "économie au service de l'homme". "A chaque fois, notre principe est de réconcilier la politique avec les vraies préoccupations des Français", décrypte Madeleine Bazin de Jessey. Reste que sa proposition la plus tranchée est bien l’abrogation de loi Taubira. Un groupe d'étude juridique a même été mis en place, afin d’étudier d'ici au printemps 2015 les possibilités de dépecer le texte. D'ici là, Sens commun entend bien investir plus avant le champ politique, en présentant des candidats aux élections intermédiaires. Et si aucune consigne de vote ne sera donnée pour la présidence de l'UMP, un candidat sera bien soutenu en 2017. Un choix qui s'annonce cornélien, Nicolas Sarkozy et Bruno le Maire entretenant jusqu'à présent un savant flou sur ce qu'ils comptent faire de la loi Taubira.

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