Service national universel : entre Parly et Collomb, on n’est pas d’accord

DISCORDE – Promesse de campagne du candidat Macron, le "service national obligatoire et universel" doit être prochainement lancé. Mais le caractère "obligatoire" du projet ne semble pas satisfaire tout le monde au gouvernement.

Obligatoire, non obligatoire, le gouvernement semble avoir du mal à se décider sur le caractère du service national universel qui doit être mis en chantier prochainement. Ce dimanche, Gérard Collomb a ainsi annoncé qu’il devrait être "obligatoire". "Le Président de la République (...) a une qualité, c'est la persévérance dans les idées. Aujourd'hui, on est en train de réfléchir sur la forme que cela pourrait prendre mais il a encore réaffirmé récemment qu'il voulait faire ce genre de service obligatoire", a expliqué le ministre de l’Intérieur lors d'une émission sur France Inter/France Info/Le Monde.


Le service national universel est une promesse de campagne d'Emmanuel Macron dont la forme n'est pas encore définie. Collomb a indiqué qu’il était également favorable à un service obligatoire. "Ce n'est plus le service d'un an qu'on connaissait par le passé, c'est quelques semaines, un mois, mais au moins, on se retrouve ensemble, il y a un brassage social", a-t-il ajouté.

Cependant, les voix sont discordantes au sein du gouvernement. Vendredi, Florence Parly évoquait par exemple un service "qui probablement n'aura pas un caractère obligatoire (…). Mais ce sera un service qu'on cherchera à rendre attractif pour les jeunes afin qu'ils soient incités à le réaliser, à la fois pour eux-mêmes, pour ce qu'ils y apprendront et aussi pour ce qu'ils pourront donner aux autres". 


Une position à nuancer car la ministre des Armées n’excluait pas que "les gendarmes viendraient rechercher le réfractaire" qui ne se présenterait pas. Son entourage avait cependant eu tôt fait de réagir en indiquant que Florence Parly entendait "pas punitif" dans la formulation "pas obligatoire", mais n’avait nullement l’intention de "remettre en cause sa vocation universelle".

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Service national : la déclaration de Florence Parly vendredi dernier

Un coût estimé à deux à trois milliards d’euros par an

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait lancé la promesse de rétablir un "service national obligatoire et universel", d'une durée d'un mois et pour l'ensemble d'une même classe d'âge, "soit environ 600.000 jeunes par an". Fin janvier, le chef de l’Etat a chargé un groupe de débuter "des travaux de préfiguration" et lui a demandé de rendre ses conclusions en avril. Un rapport parlementaire sur le sujet est également attendu le 21 février.


Dans un autre rapport récemment remis au ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, le Conseil d'orientation des politiques de jeunesse (COJ), regroupant les acteurs majeurs des politiques jeunesse, préconise de son côté que ce service ne soit pas obligatoire, afin notamment d'éviter "une rupture" dans le parcours scolaire, professionnel ou dans la vie personnelle des jeunes.


La faisabilité de ce projet suscite des doutes, en raison de son coût (estimé entre deux et trois milliards d'euros par an par Emmanuel Macron pendant sa campagne) et des capacités d'accueil des armées, réduites depuis la suppression en 1997 du service militaire obligatoire.

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