Sexisme : Christine Lagarde, patronne du FMI, encore victime de la "condescendance" de certains hommes

Sexisme : Christine Lagarde, patronne du FMI, encore victime de la "condescendance" de certains hommes

METOO - La directrice générale du FMI Christine Lagarde appelle à poursuivre le mouvement #Metoo contre le harcèlement sexuel et assure dans une interview au Monde, faire face au "regard condescendant" de certains hommes dans le cadre de ses fonctions.

Peut-on être l'une des femmes les plus puissantes du monde et en même temps subir le sexisme ordinaire ? C'est ce qu'explique Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) dans un entretien accordé au Monde samedi. 

L'ancienne ministre, qui était cette semaine coprésidente du Forum économique mondial de Davos, est interrogée sur les discriminations qu'elle aurait subies durant sa carrière. "Mais même à ce jour", réplique la patronne du FMI. "J'observe le regard porté par les hommes sur les femmes, ils ont un degré d'écoute, une préoccupation légèrement biaisés", explique-t-elle. "Ça peut être aussi une attitude condescendante, un regard qui dit : 'celle-là, elle va nous raser pendant un quart d'heure'. Cela m'arrive encore."

Christine Lagarde reconnaît toutefois que "quand on est dans une position de pouvoir, c'est plus facile à gérer. Maintenant, quand ça m'arrive, je démine, je fais face. Si je repère un petit sourire condescendant quand parle, je m'arrête et j'interpelle : il y a un problème ? En général, ça marche". Quant au harcèlement sexuel, elle estime y avoir été exposée "problablement moins que d'autres, parce [qu'elle] mesure 1.80 mètre". 

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Christine Lagarde apporte également son soutien au mouvement #Metoo consécutif à l'affaire Weinstein, estimant qu'il ne peut "rester actif que si on le fait vivre en mesurant le problème, en établissant des objectifs, des actions, des vérifications, des classements... Il faut continuer à le faire. Il ne faut surtout pas baisser la garde". 

La directrice générale du FMI critique aussi la tribune publiée dans Le Monde, cosignée notamment par Catherine Deneuve, qui s'inquiétait des repercussions de la campagne #balancetonporc sur les relations hommes-femmes. Une tribune "terriblement maladroite", juge-t-elle. "Revendiquer la 'liberté d'importuner', c'est offensant pour toutes celles et ceux qui ont été importunés contre leur volonté."

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