Sexisme en politique : "Une femme compétente, ce n'est pas naturel ; une femme à un poste à responsabilité, c'est un peu suspect"

Christine Bost, maire d'Eyzines (Gironde)

ENTRETIEN - Signataire d'une tribune appelant à la fin du sexisme en politique, Christine Bost, maire d'Eyzines (Gironde) et candidate à sa réélection, a expliqué à LCI pourquoi il était important de faire changer les mentalités et comment.

En 2001, quatre femmes ont été élues au conseil général de Gironde. Parmi elles, Christine Bost, alors âgée de 27 ans. Aujourd'hui vice-présidente de la métropole de Bordeaux et première vice-présidente du département, la maire socialiste d'Eysines (depuis 2008) est candidate à sa réélection. En pleine campagne pour les élections municipales, elle a apposé sa signature à une tribune du réseau EluesLocales pour dire "halte au sexisme en politique". 

"En 2020, pour toutes les femmes qui ont eu le courage de s’engager pour ces élections municipales, pour ces idées, des valeurs et des projets, nous n’accepterons pas qu’elles subissent la violente déception d’être constamment ramenées à la leur genre", peut-on notamment lire dans la tribune. Christine Bost a expliqué à LCI pourquoi elle se retrouvait dans ces propos, et comment sortir de ce sexisme.

Lire aussi

LCI : Si vous avez signé cette tribune, c’est parce qu'au cours de votre carrière politique vous avez été victime de remarques ou comportements sexistes ?

Christine Bost : J'ai été élue au département en 2001, à l'âge de 27 ans, nous étions alors quatre femmes pour 59 hommes. Lorsque je suis tombée enceinte en 2003, j'ai vu de la surprise dans quelques regards. Mais je n'ai jamais subi d'agression(s) directe(s), de propos francs et massifs du genre : 'Retourne à tes casseroles’, ‘Va t’occuper de tes gosses’. Les choses sont un peu plus insidieuses. Une femme doit faire ses preuves, travailler deux fois plus qu'un homme. Une femme compétente, ce n'est pas naturel ; une femme à un poste à responsabilité, c'est parfois un peu suspect. Donc si j’ai signé cette tribune, c’est par conviction, par militantisme, parce que je sens que le combat des femmes n’est pas terminé.

LCI : Comment faire avancer les choses ? 

Christine Bost : Je pense qu'il faut légiférer, rien ne s'est jamais fait naturellement. Le fait d’avoir imposé des lois sur la parité a changé beaucoup de choses, notamment dans les conseils départementaux où, d'un mandat à un autre, la parité parfaite a été atteinte. Je pense que nous avons commencé à bouleverser un peu les choses. La présence des femmes dans les hémicycles et les assemblées commence à faire culture. Nous devons devenir des exemples pour celles qui n'osent pas se lancer.

Un homme adjoint à la petite enfance

LCI : A l'échelle locale, qu'est-il possible de faire ?

Christine Bost : Dans toutes les communes, la parité doit être respectée dans les délégations d'adjoints. Mais bien souvent la petite enfance est confiée à une femme ; les finances et l’urbanisme, jugées plus sérieuses, à un homme. Aujourd’hui à Eysines, c’est un homme qui est adjoint à la petite enfance, et des femmes adjointes à l’urbanisme et aux finances. Je n'ai pas choisi ces dernières en fonction de leur sexe, mais parce qu’elles étaient compétentes pour ça. Ce sont des choses auxquelles tout le monde peut faire attention dans sa commune. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid : le nombre de morts en 24h au plus haut depuis le 30 novembre

CARTE - Covid-19 : quelle est la situation épidémique dans votre département ?

Fin du "Muslim ban", retour dans l'accord de Paris... ce que Joe Biden fera dès son investiture

L'acteur Jean-Pierre Bacri est mort à l'âge de 69 ans

Donald Trump quittera-t-il la Maison-Blanche avec les honneurs militaires ?

Lire et commenter