Si, si, écoutez bien, François Fillon a bien parlé de "crime" au sujet de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie

A L'ECOUTE - Des internautes accusent François Fillon d'avoir parlé d'"erreur politique" pour évoquer l'attaque chimique meurtrière qui a eu lieu en Syrie. Si le candidat a bien utilisé cette expression lors de son interview à France Inter, il a bel et bien d'abord constaté un "crime".

François Fillon ne voit-il dans l'attaque chimique en Syrie qu'une "erreur politique" de la part de Bachar El Assad ? C'est en tout cas ce qu'ont l'air de penser de nombreux internautes, en cette matinée du jeudi 6 avril, après le passage du candidat à la présidentielle sur France Inter. 


A l'origine de ce mouvement d'indignation, un tweet de l'émission résumant une phrase de l'ancien Premier ministre, et citant ainsi : "Bachar El Assad commet des erreurs politiques incroyables. C'est de la folie, de l'irresponsabilité". Une reprise qui, si elle n'est pas fausse dans l'absolu, mérite une remise en contexte.

"C'est un crime, et ce crime doit être poursuivi"

Car François Fillon, dès les premières minutes de son interview, a bel et bien qualifié de "crime" cette attaque au gaz qui a fait, selon le dernier bilan, 86 morts parmi les civils dans la province d'Idleb. Voici son verbatim exact (à partir de 40 secondes dans le replay de l'interview mis en ligne sur le site de France Inter) : "La communauté internationale a banni les armes chimiques, si des armes chimiques ont été utilisées, c’est un crime, et ce crime doit être poursuivi. Il y a une organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qui en lien avec les nations unies doit faire une enquête, qui est d’ailleurs en cours, elle est d’ailleurs diligentée, et en fonction des résultats de cette enquête, la communauté internationale doit prendre les décisions qui s’imposent pour poursuivre les responsables de ce crime."

"On peut difficilement être plus prudent" lui fait alors remarquer Patrick Cohen. François Fillon lui répond : "On condamne toujours quand on a les preuves. Je dis que si ces faits sont avérés, c’est un crime qui doit être puni par la communauté internationale." Puis, plus tard, dans l'interview, il précise, en parlant effectivement de Bachar El Assad : "Non seulement, il commet des crimes, mais il commet des erreurs politiques incroyables. Au moment où les Américains donnent le sentiment d’être en mesure de discuter avec lui, s’il a déclenché cette opération… ce n’est plus de l’impunité, c’est de la folie, de l’irresponsabilité." 


Par ailleurs, par voie de communiqué ce jeudi matin, l'équipe de campagne de François Fillon a délivré un communiqué sur la situation en Syrie, condamnant "avant la plus grande fermeté ce crime atroce". Des limites, sans doute, de l'exercice du live-tweet d'émission en direct, qui ne peut s'encombrer du contexte... 

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