Sifflets, accusations de "purge", démission... Un conseil national LR chaotique pour Laurent Wauquiez

TENSIONS - Avec l'annonce des nominations dans les instances du parti Les Républicains, le Conseil national de samedi s'est déroulé dans un climat de tension, notamment entre les partisans du nouveau président Laurent Wauquiez et ceux de la présidente d'Ile-de-France Valérie Pécresse.

Laurent Wauquiez a eu beau marteler que "le temps des écuries est révolu", c'est un parti Les Républicains dispersé façon puzzle qui est ressorti du conseil national de samedi, lors duquel ont été annoncées les nominations dans les instances du mouvement. 


L'annonce des membres de la commission nationale d'investiture, l'un des principaux organes du parti, et du nouveau bureau politique, a cristallisé des tensions qui montent depuis plusieurs jours.  Apprenant qu'il était sorti du nouvel organigramme au profit d'une proche de Laurent Wauquiez, au même titre que le maire d'Aulnay Bruno Beschizza, le vice-président du Sénat Philippe Dallier a annoncé sa démission de la fédération de Seine-Saint-Denis samedi en rendant publique une lettre musclée au patron des Républicains. "Je jugerai sur pièce mais ça commence mal", a-t-il tancé en conclusion. 

Un peu plus tôt, lors du conseil national, la grande rivale de Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, était accueillie sous les sifflets par les militants du camp adverse, plaidant sous les huées pour la cohabitation entre "deux droites réconciliables" et pour son mouvement "Libres !" destiné à défendre ses positions au sein de LR. 

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Valérie Pécresse huées à son arrivée chez Les Républicains

"Pétaudière"

Ancien opposant de Laurent Wauquiez pour la présidence LR, le juppéiste Maël de Calan s'en est pris aux nominations annoncées par la nouvelle direction. "J'entends la liste de la commission nationale d'investiture. Le premier nom annoncé, c'est celui de Michèle Alliot-Marie [ancienne présidente du RPR à la fin des années 1990, NDLR]. Je ne suis pas sûr que ce soit un grand signal de renouvellement. On aurait pu aussi demander à Pierre Messmer ou René Coty", a-t-il ironisé auprès de LCI. 


"C'est une purge. Fermeture à tous les étages", a pour sa part dénoncé un parlementaire LR auprès de l'AFP. "Le seul rassemblement que Wauquiez réussit à faire, c'est le rassemblement de tous ceux qui pensent comme lui. Pour le reste c'est une purge inédite : de Chirac à Sarkozy, aucun chef de la droite n'a jamais été si brutal", a aussi fustigé Pierre Liscia, soutien parisien de l'ancienne candidate à la présidence LR Florence Portelli. 


Pour les ex-LR partis rejoindre le mouvement Agir (pro-Macron) après l'élection de Laurent Wauquiez, "ce conseil national confirme que le parti est devenu une pétaudière et Laurent Wauquiez un autocrate qui peine à affirmer son autorité". 

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LR : Maël de Calan compare MAM à René Coty

"Querelles d'ego"

"Je ne laisserai plus les petites chapelles et les querelles d'ego affaiblir notre famille politique", a martelé Laurent Wauquiez en guise de réponse lors de son discours devant les militants. "Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres." 


Le nouvel organigramme a maintenu en fonction un certain nombre de personnalités de la droite, comme les députés Daniel Fasquelle (trésorier), Eric Woerth, Claude Goasguen. Alain Juppé, qui a annoncé qu'il ne paierait pas sa cotisation au parti cette année, figure lui aussi parmi les membres du bureau politique. Selon le document de LR, le bureau politique compte également dans ces rangs le "Premier ministre en exercice"... Soit un certain Edouard Philippe, pourtant censé avoir quitté "de fait" Les Républicains. 

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Laurent Wauquiez élu président des Républicains

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