Simples "badauds" ou "casseurs", que sait-on du couple au cœur de l'affaire Benalla ?

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Benalla, l'affaire sans fin

ENQUETE - Le couple pris à partir par Alexandre Benalla et Fabien Crase dans la vidéo du 1er mai à l'origine de l'affaire se sont constitués parties civiles et devraient être entendu par un juge d'instruction. Mercredi sur LCI, leur avocat les a présentés comme de simples spectateurs qui avaient leurs habitudes dans le quartier, quand la défense de Benalla parle d'individus agressifs à l'égard des forces de l'ordre. Que sait-on pour l'heure ?

Le couple est à l'origine du scandale. Une femme de nationalité française et un homme d'origine grecque, tous deux âgés d'une trentaine d'années, sont les premiers témoins et acteurs de la vidéo qui a débouché sur l'affaire Alexandre Benalla. Mercredi 25 juillet, leur avocat, maître Sahand Saber, a était l'invité de LCI. Il a confirmé l'information donné au Monde selon laquelle ils se constituaient parties civiles et qu'ils réservaient leur témoignage aux juges d'instruction. 

Sur les images dévoilées depuis une semaine, on aperçoit le chargé de mission de l'Elysée conduire la jeune femme d'un bout à l'autre de la place de la Contrescarpe, lors de cette manifestation du 1er mai à Paris, puis la plaquer contre un mur avant de la faire tomber. Puis Alexandre Benalla apparaît molestant le jeune homme, entouré de CRS, avant de le faire interpeller. 

La vidéo diffusée par Libération dimanche montrait, en amont des interpellations, les deux protagonistes, qui parlaient "en grec et en français", lançant violemment des projectiles sur la ligne de CRS, dont une carafe. 

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Versions contradictoires

Que faisait le jeune couple - des jeunes "insérés, qui travaillent" selon leur avocat, sur la place ce jour-là ? Les premières versions s'opposent frontalement. Depuis l'éclatement de l'affaire, les autorités avaient mis l'accent sur la présence de militants violents sur les lieux, évoquant notamment des membres du "black bloc". L'appel à la manifestation sur la place de la Contrescarpe avait été lancé par le Comité d'action interlycéen, proche de la mouvance autonome. 

La défense d'Alexandre Benalla, qui s'est exprimée pour la première fois ce lundi, a indiqué que l'ancien responsable de la sécurité d'Emmanuel Macron, "témoin des agissements de deux individus particulièrement virulents et de l'apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place", avait pris "l'initiative de prêter main forte en aidant à la maîtrise de ces personnes", citant l'article 73 du code de procédure pénale, qui ouvre cette possibilité aux personnes non dépositaires de l'autorité publique.

Dans une interview au Monde, Alexandre Benalla se rappelle juger, sur le moment devoir "donner un coup de main", pour "ne pas laisser faire des délinquants ; jeter des projectiles sur un CRS, c'est violences volontaires, c'est un délit puni d'emprisonnement". Sur le moment, il estime que le jeune homme "a une force qui est décuplée, il est dans l'adrénaline, il est excité, il a été gazé, il ne veut pas se laisser faire".

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Un scénario contesté en bloc par la défense du couple. Ni manifestants, ni membre d'un groupuscule, "c'était des badauds, des passants venant prendre un verre et assister à une manifestation", qui "voulaient voir à quoi ressemblait un charge de CRS", assurait l'avocat lundi au Monde. Reconnaissant tout de même que le couple, au coeur de l'une de ces charges, a eu ensuite "une réaction sanguine, irréfléchie", le conduisant à lancer des projectiles sur les forces de l'ordre, la jeune femme terminant son action avec un bras d'honneur à leur adresse. 

D'après le témoignage d'un photographe interrogé par France Info, auteur de nombreux clichés et interrogé par la police judiciaire, le couple avait eu "une attitude extrêmement pacifique, souriante et décontractée", au début des événements.

L'avocat du couple a repris le même argumentaire, mercredi sur LCI. Ces jeunes gens sont "venus en tant que spectateurs", a-t-il affirmé, "ils avaient leurs habitudes dans ce quartier" et "ne sont pas venus pour affronter les forces de l'ordre". "C'est à l'issue d'une première charge des CRS et des coups qu'ils ont reçus", qu'ils ont jeté les projectiles, a-t-il précisé. 

Une volonté "d'étouffer l'affaire" ?

La défense d'Alexandre Benalla soulignait ce lundi que le couple n'avait pas porté plainte contre lui lors de son interpellation le 1er mai. "Ils ont décidé de laisser ça derrière eux", a justifié maître Sahand Saber. Le couple, qui "souhaite être entendu rapidement" par les juges d'instruction, "ne veut pas que les faits qu'ils ont subis soient politisés. Pour eux, ce sont des violences policières qu'ils ont subies". 

L'avocat a en outre pointé l'absence de garde à vue et de poursuites à l'encontre du couple le 1er mai, estimant que l'information avait été "transmise directement aux ministères de l'Intérieur et de la Justice" et qu'il y avait "une volonté d'étouffer l'affaire". "S'ils avaient été placés en garde à vue, ils auraient été entendus. La police aurait été entendue, M. Benalla aussi... Et s'il avait été entendu, l'affaire aurait éclaté dès le 2 mai"... et non pas le 18 juillet avec les révélations du Monde.

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