Sivens : comment Royal a évité les coups... en les distribuant

Politique

CONTROVERSE - La ministre de l'Ecologie a une nouvelle fois usé d'une stratégie politique bien rodée pour éviter les coups dans le dossier épineux du barrage de Sivens.

Très silencieuse tout au long de la semaine qui a suivi la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, Ségolène Royal a fait irruption dans le débat ce dimanche. Metronews décrypte sa tactique pour laisser les autres prendre les coups à sa place.

Le silence
Ministre en charge du dossier, la parole de Ségolène Royal était très attendue après la mort, dimanche dernier dans le Tarn, du jeune opposant au barrage de Sivens Rémi Fraisse. Mais la ministre de l'Ecologie s'est enfermée dans un strict silence. C'est son collègue de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a été le premier à s'exprimer mardi.

Une prise de parole tardive, aux accents sécuritaires, qui a déclenché une vive polémique avec les écologistes . Au point que François Hollande et Manuel Valls ont dû eux-mêmes réagir afin de mettre fin aux invectives. De son côté, Ségolène Royal se protégeait et préparait la suite de sa stratégie.

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Le dialogue
Il aura fallu attendre mercredi pour que Ségolène Royal prenne la parole. Dans la cour de l'Elysée, la ministre prend du champ vis-à-vis de la polémique : "Ma responsabilité est de construire dans le silence". Au même moment, face aux caméras des chaînes d'info en continu qui retransmettent sa déclaration en direct, Royal enclenche la deuxième phase de sa stratégie. Une "réunion des parties prenantes" au dossier est annoncée pour mardi prochain.

La socialiste en profite pour louer le rapport "très équilibré" qu'elle a commandé afin d'évaluer le dossier du barrage de Sivens. Celui-ci critique fortement la préparation du chantier tout en proposant de le poursuivre. Par cette synthèse et en tendant la main aux différents acteurs, la ministre apparaît comme le casque bleu d'une situation explosive.

Les critiques
Changement de ton ce dimanche. Dans le studio de I-Télé et Europe 1 où elle est invitée pour le "Grand rendez-vous", la ministre tire à vue. Le Conseil général du Tarn ? Il a fait selon elle "une erreur d'appréciation". "Un tel ouvrage ne serait plus possible aujourd'hui", estime-t-elle, et ce avant même d'avoir rencontré les protagonistes à la réunion qu'elle a convoquée mardi.

Quant à ses collègues ministres, qu'elle a laissés monter en première ligne, Ségolène Royal ne les épargne pas. "Ça aurait été dans ma région, il y a longtemps que j'aurais arrêté la situation. Il est intolérable d'exposer ainsi les forces de gendarmerie". Un tacle à Manuel Valls, qui avait exhorté les forces de l'ordre à "tenir bon" lors d'un déplacement à Sivens le 9 septembre ? "Je vous laisse le soin d'apprécier les choses", répond-elle simplement. Tout en glissant, après coup, que "la fermeté n'était pas la meilleure solution". Le casque bleu à sorti le fusil.

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