Sivens : les jeunes socialistes s'opposent au gouvernement dans la rue

Politique
POLITIQUE – Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) s'est joint, jeudi, à la manifestation lycéenne de Paris. Sa présidente, Laura Slimani, se dit "interloquée" et "choquée" par la manière dont le gouvernement a réagi à la mort de Rémi Fraisse.

La mort du jeune militant écologiste opposé au barrage de Sivens (Tarn) continue de choquer au sein même du Parti socialiste. Tandis qu'une dizaine d'établissements parisiens ont été partiellement bloqués jeudi matin, les syndicats lycéens se sont donnés rendez-vous à Nation (Paris) pour manifester leur émotion. Ils ont été rejoints par le Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Interrogée par metronews, Laura Slimani, la présidente du MJS, se déclare "interloquée par la situation et choquée par l'absence de réaction" du gouvernement à la mort de Rémi Fraisse. Ségolène Royal en tête a été très critiquée pour ne pas avoir réagi pendant 48 heures à la mort de l'écologiste de 21 ans.

EN SAVOIR + >> Mort de Rémi Fraisse : "Il est décédé le mec, c'est vachement grave !"

La jeune responsable politique a décidé de descendre dans la rue pour réclamer "la vérité le plus vite possible" sur les circonstances qui ont causé la mort de Rémi Fraisse, le 26 octobre dernier. Le MJS s'interroge "sérieusement quant aux différentes responsabilités engagées". "Il est également nécessaire de se demander si l’utilisation de techniques de maintien de l’ordre telles que les grenades, les tasers ou encore les flashballs est indispensable", écrit le mouvement dans un communiqué. Le gouvernement a admis que Rémi Fraisse a été tué par une grenade offensive utilisée par les gendarmes chargés de rétablir l'ordre sur le site du chantier occupé. L'usage d'un tel dispositif a été aussitôt suspendu par le ministre de l'Intérieur, le temps de l'enquête en cours.

"Logique que les jeunes réagissent"pour Batho

Laura Slimani reconnaît "des désaccords avec un certain nombre de responsables de gauche". Notamment sur la considération que le gouvernement accorde au mouvement des lycéens. "Il y a une déconnexion entre les jeunes et la police. La gauche doit se poser des questions et ne pas agir comme la droite", précise-t-elle. "Si j'étais lycéenne aujourd'hui je serais choquée par la mort de Rémi Fraisse. Je trouve ça logique que les jeunes réagissent", se félicite l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho auprès de metronews.

A Paris, le MJS peut compter sur la bénédiction de Colombe Brossel, l'adjointe PS chargée de la sécurité. "Le droit de manifester est un droit important dans notre pays", a-t-elle lancé jeudi sur France bleu 107.1 . Ajoutant : "Je sais que les organisations syndicales qui représentent les lycéens et les étudiants sont mobilisées. C'est la garantie que les choses se passeront bien". Une minute de silence sera observée au prochain Conseil de Paris, a annoncé Bruno Julliard (PS), le premier-adjoint. Le 4 novembre, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait refusé un tel hommage au sein du palais Bourbon .

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter