Six mois après leur élection, qui sont les députés les plus (ou les moins) actifs ? LCI.fr décerne ses prix

PRÉSENCE - Depuis leur élection il y a six mois, les députés sont soumis à un rythme de travail particulièrement intense. Le site nosdéputés.fr, qui recense l'activité des parlementaires, permet de se faire une idée du bilan de ce premier semestre du quinquennat, qui s'achève ce vendredi avec les congés de Noël.

Ils ont été élus ou réélus il y a six mois. Depuis, malgré une courte interruption estivale, les députés ont suivi au pas de charge les débats relatifs aux premières mesures du quinquennat d'Emmanuel Macron, de la réforme du Code du travail à la loi de finances 2018 en passant par la moralisation de la vie politique. 


Avec une majorité écrasante de 321 députés, sans compter ses alliés du Modem, le groupe LREM a bien sûr été largement mis à contribution pour orchestrer et préciser les modalités de cette politique. Mais certains groupes d'opposition, même très minoritaires, se sont montrés particulièrement actifs, comme nous le montre le bilan statistique des six premiers mois fourni par la plateforme Nosdeputes.fr, qui recense l'activité des députés de l'Assemblée nationale. 

Prix du meilleur opposant : Les Républicains Mention spéciale à La France Insoumise

Conformément à son poids au sein de l'Assemblée, le groupe Les Républicains, qui représente 17% des sièges, est le plus présent face aux députés La République en marche. Il cumule ainsi près du cinquième des interventions en commission, des interventions longues en séance et le quart des interventions courtes. Les députés LR déposent près de 28% des amendements, 30% des questions écrites et près de la moitié des propositions de loi, une pratique traditionnelle à droite, notamment chez les députés qui siégeaient déjà sous les précédentes mandatures.

Dans l'opposition de gauche, c'est surtout la visibilité de La France insoumise qui frappe, avec un recours très marqué aux motions de rejet préalables qui permettent d'instaurer une prise de parole en amont des débats. Alors que le groupe de Jean-Luc Mélenchon ne compte que 17 députés sur 577 (2.9% de l'effectif), il contribue ainsi à 7.7% des interventions en commission, à près de 12% des interventions longues dans l'hémicycle et dépose près de 15% des amendements. Un score à comparer à celui du groupe communiste (GDR), qui avec ses 16 députés, totalise seulement 3.6% des interventions en commission, 7.4% des interventions longues et dépose moins de 6% des amendements. Ou même à celui du groupe Nouvelle Gauche (NG, ex-PS). Avec 31 députés, il est talonné par LFI en matière d'amendements proposés ou d'interventions en commission. 


A contrario, le groupe LREM, qui représente à lui seul 54.8% des effectifs de l'Assemblée, est proportionnellement moins interventionniste en commission (46.1%), en interventions longues dans l'hémicycle (34.6%) et surtout en propositions d'amendements (19%). Un facteur néanmoins traditionnellement lié au fait majoritaire, le gouvernement étant à la manoeuvre sur la plupart des réformes. Mais lié aussi, nous précise Benjamin Ooghe, administrateur du collectif Regards Citoyens, qui gère Nosdeputes.fr, "au fait qu'il y ait une répartition du temps de parole" destinée à laisser s'exprimer les groupes minoritaires. 

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Prix des députés les plus actifs

La plateforme Nosdeputes.fr comptabilise également les "semaines d'activité" de chaque député. Il ne s'agit pas là de mesurer la présence réelle ou l'absentéisme, puisqu'il n'y a "pas de relevé de présence lors des débats dans l'hémicycle", rappelle Benjamin Ooghe. Les parlementaires sont en fait pris en compte lorsqu'ils interviennent oralement dans l'hémicycle, ou lorsqu'il se rendent en commission, où leur présence est vraiment relevée. Cet indicateur donne donc une idée de leur implication. 


Bilan : huit députés ont une activité de 22 semaines, soit le maximum, au cours des six premiers mois de la mandature : Jean-Pierre Vigier (LR, Haute-Loire), Philippe Vigier (Constructifs, Eure-et-Loir), Jean-Marie Sermier (LR, Jura), Emilie Bonnivard (LR, Savoie), Jean-Louis Bricout (NG, Aisne), Hubert Wulfranc (GDR, Seine-Maritime), Patrick Hetzel (LR, Bas-Rhin) et Jean-Paul Dufrègne (GDR, Allier). 


A l'opposé, un député n'enregistre que 3 semaines d'activité : le député GDR de Martinique Bruno Nestor Azerot. Les députés LR de l'Essonne Franck Marlin et de l'Oise Olivier Dassault, déjà épinglés sous les précédentes mandatures pour leur faible présence, ne cumulent respectivement que 4 et 5 semaines d'activité depuis juin dernier, au même titre que Bernard Brochand, le doyen LR de l'Assemblée, l'élu LREM de Saint-Pierre-et-Miquelon Stéphane Claireaux et la députée LR des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot. 

Très logiquement, le palmarès de l'activité donne l'avantage aux députés qui ont des responsabilités particulières au Palais Bourbon. Ainsi, le député LREM Joël Giraud, rapporteur général de la commission des finances, arrive en tête des interventions en commission (988), dans l'hémicycle (852 interventions longues) et des propositions d'amendements (455), dans le contexte des longs débats des dernières semaines sur le projet de loi de finances 2018. Parmi ces hyperactifs, figurent aussi le président de la commission des finances Eric Woerth (LR), la présidente de la commission des lois Yaël Braun-Pivet (LREM) et le rapporteur général de la commission des affaires sociales, Olivier Véran (LREM). 


En commission, où la présence ou l'absence des députés est donc relevée, contrairement à l'hémicycle, les députés les plus absents au cours des six premiers mois sont Franck Marlin (LR), Thierry Solère (LREM) et Franck Riester (Constructifs). 

Prix des députés les plus "productifs"

Si bon nombre de députés ne déposent pas d'amendements en leur nom, certains d'entre eux sont cependant de véritables machines en la matière. Outre le rapporteur général de la commission des finances Joël Giraud, avec ses 455 amendements, on retient la production du député LR Marc Le Fur (363 amendements) et les 326 textes de Charles de Courson (Constructifs). 


D'autres ont davantage l'habitude de cosigner les amendements des collègues, tout particulièrement au sein du groupe LFI. C'est le cas d'Adrien Quatennens (1894 signatures), de Jean-Hugues Ratenon (1877) et de Danièle Obono (1876), l'une des plus actives parmi les Insoumis pour la production de textes. 

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