"Il savait ce qu'il faisait" : Jean-Marie Bockel rend hommage à son fils Pierre, tué au Mali

"Il savait ce qu'il faisait" : Jean-Marie Bockel rend hommage à son fils Pierre, tué au Mali
Politique

Toute L'info sur

Collision d’hélicoptères au Mali : treize militaires français tués

DISPARITION - Jean-Marie Bockel, sénateur dont le fils Pierre-Emmanuel est mort au Mali dans le tragique accident qui a coûté la vie à treize soldats français, a témoigné de sa profonde tristesse sur LCI. Il évoque un jeune homme qui "gardait son esprit critique mais était fier d'être soldat".

C'est le drame d'une famille, d'une compagne, de parents et de frères et sœurs. Le drame de treize familles en réalité. Ce lundi 25 novembre, treize soldats français sont morts dans un accident d'hélicoptère au Mali, durant une opération menée contre des djihadistes dans le cadre de l'opération Barkhane. 

Parmi les treize disparus, figure le fils du sénateur Jean-Marie Bockel, ancien ministre et maire de Mulhouse. Pierre-Emmanuel Bockel était âgé de 28 ans, était en couple et allait bientôt devenir père. Sur LCI Jean-Marie Bockel a salué la mémoire de son fils. Il a évoqué sa famille dévastée et "pas préparée à ça".

Voir aussi

Le sénateur a raconté comment son fils décrivait ce qu'il vivait au téléphone : "Evidemment, il minimisait les risques, il nous rassurait". "Il nous parlait beaucoup de la grande camaraderie qu'il y avait. La camaraderie avec ses frères d'armes, à Gao. Il était assez discret et nous disait ce qu'il pensait pouvoir nous dire, parfois sur le ton de la plaisanterie pour ne pas que nous soyons trop angoissés (...) De temps en temps, il n'y avait plus de nouvelles pendant quelques jours, il nous le disait 'voilà, pendant quelques jours, je ne pourrai pas vous joindre' donc on se doutait qu'il était en opération mais on attendait toujours son retour avec impatience, comme sa fiancée, à Pau", raconte-t-il. 

Évoquant son engagement, il raconte que son fils "était motivé, il aimait l'aviation et l’hélicoptère particulièrement. Ça lui plaisait, il était motivé, apprécié par ses camarades, passionné par ce qu'il faisait et engagé. Il savait ce qu'il faisait et était fier de son engagement. Il gardait son esprit critique mais était fier d'être soldat". 

Doutait-il parfois de l'utilité de l'engagement de la France au Mali ? "Nous sommes en démocratie. On doit constamment se poser les bonnes questions mais il avait conscience de l'utilité de sa mission. Comme nous le constatons dans les prises de positions, il n'y avait pas toujours l'empathie espérée. Il faut que tout le monde se sente mobilisé. Et évidemment, parfois, comme Français (...) au combat, on se sent assez seul, et il en avait conscience. Il avait conscience de l'utilité de sa mission. On ne part pas quatre mois de son foyer si on a pas le sentiment que c'est pour quelque chose. C'était un soldat avec beaucoup de joie de vivre, heureux de son travail, fier de ce qu'il faisait et capable de se poser parfois un certain nombre de questions et il est bon que l'on se pose des questions", dit-il. Et de conclure : "Il avait conscience que si nous partons demain du Mali, ce sera le chaos". 

Voir aussi

Pierre-Emmanuel Bockel n'en était pas à sa première opération extérieure, il avait été envoyé quatre fois, dans ce pays en proie à une guerre contre le terrorisme. Il était lieutenant au 5e régiment d'hélicoptères de combat. L'armée de Terre a salué "un officier de grande classe, exemplaire, très apprécié de ses subordonnés et de ses chefs". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter