Sommet sur le climat : François Hollande a-t-il la main verte ?

Sommet sur le climat : François Hollande a-t-il la main verte ?

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ENVIRONNEMENT – Le Président participe mardi au sommet de l'ONU sur le changement climatique, organisé à New York. Mais, depuis deux ans et demi, son action en matière d'écologie peine à convaincre.

C'est un sommet important qui se tient mardi à New York. A l'invitation de Ban Ki Moon, le secrétaire général de l'ONU, 125 chefs d'Etat se retrouvent pour chercher des solutions au changement climatique. Cette réunion, première étape avant la grande conférence sur le sujet qui doit se tenir à Paris fin 2015, doit simplement permettre d'évaluer les attentes de chacun en vue d'aboutir à un accord l'an prochain et d'éviter un échec, comme à Copenhague en 2009 . D'ailleurs, l'objectif de la réunion de New York est assez limité : la seule annonce qui pourrait émerger serait la contribution des pays développés au "Fonds vert pour le climat", qui doit aider les pays les plus pauvres à limiter leurs émissions de CO2. Créé en 2009, il n'a pour l'instant jamais été financé.

Les ministres verts à la trappe

A New York, François Hollande fera entendre la voix de la France et sera forcément scruté à la loupe, dans l'Hexagone, par les militants de la cause verte. Il faut dire que, depuis son accession au pouvoir, le chef de l'Etat n'a que très rarement su trouver grâce à leurs yeux. Et qu'ils ont dû avaler bon nombre de couleuvres, ce qui s'est politiquement traduit par la disparition pure et simple des ministres écologistes du gouvernement.

"Pour l'instant, ce qui est fait au niveau national n'est pas très encourageant, résume pour metronews Jean-Baptiste Poncelet, en charge des questions climat chez France Nature Environnement. Prenez la question de la fiscalité environnementale : on a eu droit au recul sur l'écotaxe et à une contribution climat énergie très insuffisante pour faire changer les mentalités", ajoute-t-il, sans parler des coupes dans les crédits du ministère de l'Ecologie cette année ou des polémiques - pour l'instant calmées - sur l'exploitation des gaz de schiste.

Transition énergétique : la bataille sera rude

Et que dire de la question de l'avenir de la filière nucléaire  - symbolisée par la fermeture de la centrale de Fessenheim, prévue pour la fin de l'année 2016, qui tarde à se concrétiser ? "Le nucléaire, c'est un peu le boulet au pied de la France, qui nous empêche de se lancer pour de bon dans les filières des énergies renouvelables, martèle Sébastien Blavier, responsable des questions énergie et climat chez Greenpeace. Celles-ci portent une trajectoire de prospérité, de création d'emploi et de filières d'excellence. Tant que la politique énergétique de la France sera dictée par les lobbies de l'industrie nucléaire, on n'avancera pas."

François Hollande peut-il inverser cette tendance générale ? La fin de l'année pourrait en tout cas y être propice. A la conférence sur le climat de New York doit suivre, à compter du 1er octobre, l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi sur la transition énergétique , porté par Ségolène Royal. Ce texte doit permettre de réduire la consommation énergétique de la France, et de la rendre moins dépendante du pétrole comme du nucléaire. Ces enjeux promettent d'être difficiles à coucher sur le papier : plus de 2.000 amendements ont déjà été déposés. Et d'autres pourraient encore s'y ajouter, au risque de transformer le texte "vert" en véritable usine à gaz.

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