Crise sanitaire : Emmanuel Macron davantage atteint par la défiance qu'Edouard Philippe

Crise sanitaire : Emmanuel Macron davantage atteint par la défiance qu'Edouard Philippe
Politique

SONDAGE - L'ensemble des sondages récents attestent de l'érosion de la confiance dans la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement depuis le mois d'avril. Le jugement des Français apparaît plus sévère à l'égard d'Emmanuel Macron que de son Premier ministre, pourtant en première ligne.

C'est une constante depuis le début de ce quinquennat. En période de crise, le mécontentement de l'opinion se cristallise sur le chef de l'Etat et atteint dans une moindre mesure son Premier ministre et son gouvernement. 

La règle se répète avec la crise sanitaire liée au coronavirus, mais de façon exponentielle. Si les sondages les plus récents attestent d'une défiance de plus en plus grande des Français vis-à-vis de l'exécutif - du sommet de l'Etat aux ministres - dans la gestion de cette crise depuis le mois de mars, c'est Emmanuel Macron qui en fait les frais, loin devant son gouvernement. 

Lourde chute pour le chef de l'Etat en avril

Cette chute spectaculaire de la confiance dans le président de la République s'illustre dans le dernier baromètre Harris Interactive-Epoka pour LCI. Si Emmanuel Macron avait bénéficié d'un soutien en forte hausse des Français dans la première partie de la crise sanitaire, entre février et mars, le mois d'avril s'est soldé par une chute de 8 points dans l'opinion (de 51% à 43% de confiance), notamment parmi les catégories les plus aisées habituellement moins sévères à son égard. 

Une tendance lourde, alors même que le chef de l'Etat a pris la parole le 13 avril dernier dans une allocution particulièrement suivie par les Français et que les mesures drastiques qu'il avait prolongées jusqu'au 11 mai semblaient massivement soutenues. Dans ce sondage, les Français qui manifestaient leur défiance imputaient au président de la République une gestion chaotique de la pandémie sur le territoire, sur fond de polémique sur les stocks masques de protection. Un bémol toutefois : avec 43% de confiance, Emmanuel Macron se maintient en avril à un niveau nettement supérieur à celui qu'il avait connu au début de la crise des Gilets jaunes fin 2018 (31% de confiance). 

Edouard Philippe relativement épargné

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Le duo de l'exécutif offre un contraste saisissant. Au cours du mois d'avril, Edouard Philippe, pourtant aux manettes dans la gestion quotidienne de la crise et la présentation du plan de déconfinement, dont il devait livrer les détails jeudi après-midi, n'a perdu que deux points, s'offrant ainsi une cote de confiance supérieure à celle du chef de l'Etat (46%), toujours selon le baromètre Harris Interactive-Epoka. 

Cet écart de traitement réservé par l'opinion au chef de l'Etat et à son Premier ministre est confirmé jeudi dans le sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique, réalisé les 4 et 5 mai. Emmanuel Macron y perd cinq points en un mois, à 34% de confiance. Elément notable dans ce sondage, il perd 8 points auprès de l'électorat qui a voté pour lui en 2017. De son côté, Edouard Philippe voit la confiance à son égard s'éroder de 2 points, également à 34%. Pour les deux responsables politiques, la baisse de confiance touche particulièrement les catégories aisées et l'électorat de droite. 

Un sondage Ifop Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, publié mardi, était encore plus tranché. Emmanuel Macron voyait sa cote chuter de 6 points en un mois, avec près de six Français sur dix disant désapprouver son action. A l'inverse, Edouard Philippe gagnait 3 points dans le même temps, avec 46% de jugements positifs sur son action. 

C'est donc, une fois de plus, le président de la République personnalise une défiance diffuse dans la gestion de la crise sanitaire. Selon un autre sondage Ifop Fiducial pour CNews et Sud Radio réalisé les 5 et 6 mai, 8 Français sur 10 apparaissent convaincus que l'exécutif a "caché certaines informations, seuls 38% lui faisant crédit d'avoir donné les moyens nécessaires aux infrastructures de santé et aux soignants, 29% d'avoir communiqué de façon claire, et 26% d'avoir réagi suffisamment rapidement. 

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