L'affaire Benalla va-t-elle plomber Emmanuel Macron, déjà dans le creux de la vague ?

Politique
OPINION - Selon un sondage BVA dévoilé vendredi, Emmanuel Macron, loin de profiter de "l'effet Coupe du monde", voit sa cote de popularité atteindre son plus bas niveau depuis son élection, sur fond d'affaire Benalla. Ce qui interroge sur la manière dont l'exécutif va sortir de cette crise.

Les pauses estivales ne réussissent manifestement pas à Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat, qui avait connu sa première dégringolade dans l'opinion à l'été 2017, avant de remonter lentement, est à nouveau plombé dans les sondages, alors que l'Elysée est embourbé dans l'affaire Benalla.


Selon un sondage BVA pour Orange, RTL et La Tribune, Emmanuel Macron semble passer totalement à côté du fameux effet "Coupe du monde", enregistrant 39% d'opinions favorables, soit une baisse de deux points en un mois malgré la victoire des Bleus. L'enquête réalisée les 18 et 19 juillet (jour des premières révélations sur l'affaire Benalla) montre qu'il atteint ainsi sa plus faible cote de popularité depuis son élection. 

Une question d'orientation politique

Le premier critère de jugement des Français, pour l'heure, est celui des réformes. Ainsi, 75% des interrogés expriment le souhait d'une inflexion de la politique gouvernementale dans un sens "plus social". Seuls 30% des personnes pensent que ce sera le cas dans les prochains mois. 


Si le jugement des Français porte sur le fond des réformes, les révélations sur l'affaire Benalla et l'attitude du chef de l'Etat, qui a refusé jusqu'ici de répondre aux questions sur ce sujet, pourraient avoir un effet sur l'opinion, si l'on en croit les sondeurs. "Emmanuel Macron avait fait de l'exemplarité un élément fort, comme candidat puis comme président de la République", note Edouard Lecerf, directeur général adjoint de BVA, interrogé par LCI. "Cette exemplarité est mise à mal" par les révélations sur Alexandre Benalla, juge-t-il. 

Gestion de crise

Fortement critiqué pour son silence depuis les premières révélations, l'exécutif va devoir faire ces prochains jours des choix particulièrement délicats, alors que l'Assemblée nationale s'apprête à auditionner le ministre de l'Intérieur. L'entourage du président de la République a indiqué vendredi soir à LCI qu'Emmanuel Macron ne s'exprimerait pas davantage sur l'affaire "dans les prochains jours", car "ce n'est pas son rôle"... A moins qu'il ne dise quelques mots lors de son déplacement à Madrid, la semaine prochaine, "si la question lui est posée". 


Pour l'heure, l'Elysée n'exprime "aucun regret" sur la gestion mutique de la crise, expliquant qu'il y a eu "à chaque étape une réaction et une sanction proportionnée". Même retour du côté de Matignon, où l'entourage d'Edouard Philippe - ce dernier a également été critiqué pour son silence, vendredi, alors qu'il assistait à une étape du tour de France - estime que ce n'est pas au Président de "plonger dans la mêlée", puisqu'il doit "continuer de présider". 


Il faudra bien, toutefois, que quelqu'un se dévoue au gouvernement. Les ministres pourraient s'y coller. Plusieurs passages sont prévus dans les médias, notamment à partir de lundi matin, avec en tête de pont le patron d'En Marche, Christophe Castaner, et Julien Denormandie, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron. Le temps, pour l'exécutif, de peaufiner sa stratégie de riposte ?

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