Sondage metronews - 69% des Français jugent l'UMP hypocrite sur la loi Taubira

Politique

SONDAGE - Alors que la question de la loi autorisant le mariage et l'adoption aux homosexuels hante la campagne pour la présidence de l'UMP, notre baromètre OpinionWay éclaire la perception qu'en ont les Français. Ils sont ainsi moins d'un tiers à penser que ceux qui promettent de revenir sur la loi Taubira sont sincères.

A l'UMP, l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels n'est pas un débat clos. Pour preuve, les trois candidats à la présidence du parti se rendront samedi au meeting de "Sens commun", un mouvement d'opposants à la loi Taubira. Mais le font-ils par conviction ? Ce n'est pas l'avis d'une majorité de Français : 69% d'entre eux pensent au contraire qu'ils le font "pour des raisons stratégiques", selon le sondage CLAI-metronews-LCI réalisé par OpinionWay.

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A contrario, seuls 29% des sondés considèrent que les voix de l'UMP s'élevant encore contre la loi adoptée il y a plus d'un an, le font par conviction. Même à droite, l'opinion est sceptique, puisque le taux de sondés convaincus par la sincérité de ce positionnement n'excède pas 52% parmi ceux qui avaient voté UMP à la présidentielle 2012.
"On ne peut nier que ce résultat soit influencé par une méfiance assez générale vis-à-vis des politiques, dont l'opinion a le sentiment qu'ils agissent surtout pour des raisons stratégiques", tempère pour metronews Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay.

"Un retard à l'allumage" de l'UMP sur la loi Taubira

Néanmoins, le phénomène semble renforcé sur la question du mariage pour tous par l'attitude des élus de l'UMP. "Il y a eu un retard à l'allumage au début du débat, à part chez quelques-uns comme Hervé Mariton", rappelle Bruno Jeanbart. En clair, l'UMP a pris en marche le train de la Manif pour tous, et cela s'est vu. "Il y avait bien sûr une forme de posture du parti qui, empêtré dans la guerre Copé-Fillon, a trouvé dans ce débat une formidable échappatoire", se souvient Catherine Michaud, présidente de GayLib , un mouvement LGBT de droite qui a claqué la porte de l'UMP début 2013.

"Le sentiment de brouillage a été renforcé par le fait que, même certains de ceux qui n'étaient pas foncièrement contre la loi Taubira, comme Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet, n'ont pas été plus loin que l'abstention", ajoute Bruno Jeanbart. Enfin, dans les positions exprimées depuis, les hésitations d'un Bruno le Maire ou d'un Nicolas Sarkozy ne sont pas de nature à clarifier leur positionnement profond. Dans ce contexte, la venue de ces deux candidats au meeting de Sens commun samedi paraît plus motivée par la pêche aux voix que par une réelle adhésion aux thèses du mouvement. Une possibilité qui, étonnamment, ne dérange pas Christine Boutin, réjouie : "S'ils se positionnent effectivement par opportunisme, cela signifie qu'ils ont constaté dans l'opinion une montée irrésistible de l'opposition à la loi Taubira".

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