Soupçon de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy : sur LCI, Alexandre Djouhri dénonce une "machination"

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INTERVIEW EXCLUSIVE - Alexandre Djouhri a-t-il perçu des fonds libyens en vendant cinq fois son prix une villa du sud de la France à un proche de Kadhafi ? Le tout pour aider au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Dans un entretien exclusif réalisé par David Pujadas et diffusé ce mardi sur LCI, l'homme d'affaire a tout nié en bloc.

"Toute ma vie j’ai été un homme honnête. La preuve, à 60 ans, je n’ai pas de casier judiciaire." Voilà ce qu'a déclaré Alexandre Djouhri à David Pujadas dans une interview exclusive diffusée ce mardi sur LCI. Et voilà ce que ce personnage clé de l'enquête française sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 s'est efforcé de prouver tout au long de cet entretien.


Le tribunal londonien de Westminster a autorisé le 26 février dernier l'extradition d'Alexandre Djouhri, que souhaite entendre la justice française dans le cadre de cette enquête de financements illégaux. Ce dernier a fait appel de la décision et conteste le mandat d'arrêt européen émis par la justice française à son encontre, notamment pour "détournements de fonds publics" et "corruption", qui lui avait valu d'être arrêté à Londres en janvier 2018. 

Ils m’auraient demandé de venir m’interroger avec une convocation légale, par La Poste, j’y aurais répondu."Alexandre Djouhri

"Le mandat d’arrêt est faux. C’est un faux en écriture. Je n’ai jamais été en fuite de toute ma vie et je ne fuirais jamais la justice de mon pays" a assuré l'homme d'affaire. "Ils m’auraient demandé de venir m’interroger avec une convocation légale, par La Poste, j’y aurais répondu. Ils n‘ont jamais essayé de m’interroger. La preuve ? Ils ont fabriqué un faux mandat d’arrêt pour m’incarcérer. Ce qui est faux c’est qu’ils m’ont présenté comme un sans domicile fixe. Or ils sont venus chez moi (pour une perquisition en 2015, ndlr) donc ils connaissaient mon adresse" ajoute-t-il. "Mes avocats m’ont dit que cette convocation par email et SMS n’était pas légale."

De fait, selon ses avocats, Alexandre Djouhri a été sollicité de manière informelle, par téléphone, par les enquêteurs et avait proposé une rencontre à Genève, sans résultats. Ses avocats avaient affirmé également que la loi helvétique (il est résident suisse, ndlr) ne le contraignait pas à répondre à ces sollicitations ou à se rendre en France.

Alexandre Djouhri dénonce une "justice politique"

Le deuxième axe de défense de ce proche de Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy,  est de mettre l'accent sur le "contexte politique fort" de sa demande d'extradition. Il l'a également développé face à David Pujadas, évoquant une "justice politique" et qualifiant le Parquet national financier (PNF) en charge de l'enquête "d'arme politique" créée par François Hollande et utilisée en son temps par l'ancien président de la République pour attaquer ses adversaires politiques. 


Dans l'enquête sur le financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, le nom d'Alexandre Djouhri est apparu lors de la vente suspecte en 2009 d’une villa située à Mougins, sur la Côte d’Azur, à un fonds libyen géré par un dignitaire du régime de Kadhafi. Il est soupçonné d’avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire de la villa et de l’avoir cédée à un prix surévalué, ce qui aurait pu permettre de dissimuler d’éventuels versements occultes. "Je n’ai jamais eu de villa en prête-nom, et je n’ai jamais vendu de villa à Béchir Saleh (directeur de cabinet et bras droit de Kadhafi, ndlr)" a-t-il assuré. 


Interrogé sur un quelconque financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy, Alexandre Djouhri a nié en avoir eu connaissance. "J’aurais été au courant, j’aurais entendu quelque chose, compris quelque chose. Maintenant il peut y avoir eu des détournements de fonds concernant des Libyens et d’autres personnes X qui ont peut-être fait croire qu’il y avait un financement politique mais ça c’est faux" a assuré l'homme d'affaire.

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