Soupçons de surfacturation : l'affaire qui embarrasse Copé et l'UMP

Soupçons de surfacturation : l'affaire qui embarrasse Copé et l'UMP

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POLEMIQUE - Selon Le Point, le patron de l'UMP aurait favorisé durant la campagne présidentielle une société de communication fondée par deux de ses proches. Cette dernière aurait surfacturé ses prestations au parti.

Jean-François Copé a-t-il profité de la campagne présidentielle de 2012 pour favoriser une société appartenant à deux de ses proches ? C'est l'hypothèse avancée ce jeudi par Le Point. Selon l'hebdomadaire, l'agence de communication Bygmalion aurait récolté huit millions d'euros en surfacturant l'organisation des meetings du candidat Sarkozy. Un "hold-up" pour certains caciques du parti, alors que les finances du parti étaient au plus mal.

D'après des documents consultés par Le Point, c'est la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Cie, qui aurait empoché le pactole sur des prestations facturées sans appel d'offres de la part de l'UMP. "Lors des meetings, les frais de traiteur, de retransmission vidéo et d'éclairage atteignaient parfois le double des tarifs habituels !", expliquent nos confrères, pour qui le partenariat entre la filiale et le parti de Jean-François Copé remonte à 2008, soit l'année de naissance de Bygmalion, fondée par Bastien Millot et Guy Alves. Les deux hommes ont travaillé dix ans aux côtés du patron de l'UMP, à la mairie de Meaux puis dans ses cabinets ministériels.

Copé va porter plainte pour diffamation

Le Point ne s'arrête pas là. Les statuts de la société révéleraient un montage financier impliquant une SARL logée au Luxembourg. Ou plus exactement, la holding familial d'Emmanuel Limido, "un gestionnaire de fonds très lié au Qatar", est-il écrit. Ce fonds d'investissement aurait joué les intermédiaires dans la vente au Qatar en 2006 et 2007 de deux biens immobiliers appartenant à l'Etat. Une vente à laquelle Jean-François Copé, à l'époque ministre du Budget, aurait donné son feu vert. Autre coincidence pointée par l'hebdomadaire : "Emmanuel Limido avait entre les deux transactions embauché le chef de cabinet de Jean-François Copé, Guy Alves, devenu depuis patron de Bygmalion." Des accusations réfutées en bloc par le principal intéressé et son entourage.

Interrogé par i>TELE jeudi matin alors qu'il quittait Nantes où il avait tenu un meeting, Jean -François Copé a lancé: "c'est absolument immonde. C'est un coup monté totalement, de manière absolument ignoble. Il n'y a qu'une manière d'y répondre, c'est par la voie des tribunaux". "C'est extrêmement grave, c'est un tissu de mensonges", a dit encore le député-maire de Meaux. Il met en cause le directeur de l'hebdomadaire Frantz-Olivier Giesbert "qui depuis des mois et des mois nous attaque, Nicolas Sarkozy comme moi-même, pour nous détruire". Interrogé sur i-Télé mercredi soir, Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, a précisé que le patron de l'UMP a "chargé Me Hervé Temime de porter plainte pour diffamation contre le Point et les deux auteurs de l'article". En attendant d'éventuelles suite judiciaire, ces révélations n'ont pas fini d'agiter l'UMP : "Tout le monde savait pour Jean-François Copé : c'est la raison pour laquelle je n'ai pas participé au #Sarkothon", a tancé ce jeudi sur Twitter le député Lionel Tardy.

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