Soupçons sur le financement d'un meeting de Hamon : "Ceux qui font de la vieille politique m'accusent de leur propre turpitude", répond l'ex-candidat PS

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MONEY - Certains socialistes accusent Benoit Hamon d’avoir utilisé l’argent de sa campagne pour financer le premier meeting de son nouveau parti. Des accusations que balaie l’ancien candidat à la présidentielle, non sans tacler les proches de François Hollande.

"On ne trouvera rien par ce qu'il n'y a rien à trouver". Invité aux universités d’été d’Europe Ecologie-Les Verts qui viennent de s’ouvrir ce jeudi à Dunkerque, Benoît Hamon affiche une mine décontractée à son arrivée. Pourtant la lecture du Parisien du jour avait tout pour gommer son sourire. Certains socialistes l’accusent en effet d’avoir artificiellement fait gonfler ses frais de campagne lors de la présidentielle pour en réalité constituer un trésor de guerre. Sans apporter la moindre preuve.


Sa campagne (15,2 millions d’euros) se révèle être la plus dispendieuse, exception faite de celle d'Emmanuel Macron (16.8 millions d’euros) et, mis en regard du résultat final en mai dernier, suscite aujourd'hui l'étonnement (c'est un euphémisme) de certains caciques de sa propre famille politique. "Je me suis occupé de trois campagnes présidentielles dont deux de près. Vu le faible nombre de meetings et le peu de matériel de propagande utilisé, cette campagne a dû coûter au maximum 10 millions, pas 15 !", lance Julien Dray dans le quotidien francilien. 


Il y a une quinzaine de jours, l’ancien député, proche de François Hollande, avait déjà fait part sur LCI de ses doutes sur la sincérité des comptes de campagnes de Benoît Hamon. Il réclamait d‘ailleurs un audit pour comprendre la manière dont a été dépensé tout cet argent. 

A présent, certains  vont plus loin et laissent entendre que Benoît Hamon, qui a depuis quitté le PS pour créer son propre mouvement, a justement fait financer son premier meeting post-présidentielle, le 1er juillet au Bois de Vincennes, par des fonds issus de sa campagne. Des accusations que balaie bien évidemment l’ex-candidat. "Ce meeting a coûté 56.000 euros, financé exclusivement par des dons de ceux qui croient dans les combats que nous menons", a-t-il déclaré ce mercredi. 


"Beaucoup de ceux qui font de la vieille politique, Julien Dray, Stéphane Le Foll, François Rebsamen, qui me mettent en cause m'accusent finalement de leur propre turpitude. Moi je suis très tranquille par rapport à ça, j'ai toujours été transparent, je suis honnête et j’ai mené une campagne avec beaucoup d'honnêteté", a-t-il ajouté.

Le trésorier du PS ne voit rien de troublant

De son côté, le trésorier du PS, Jean-François Débat, estime qu’il n’y a (presque) rien à reprocher à Benoît Hamon. "Une campagne coûte à peu près cela pour le candidat d’un grand parti, même si on aurait pu économiser un million », explique-t-il dans Le Parisien

Toujours dans le quotidien, Régis Juanico assure qu’il ne s’agit pas "d’une question financière" mais "d’un truc politique pour nous emmerder". Une position que n’est pas loin de partager le patron des députés socialistes à l’Assemblée, Olivier Faure, invité ce jeudi matin sur LCI.


"S'il y a des preuves de malversation, évidement il faudra en parler" mais "ouvrir des débats de ce type sans fondements" est une erreur d’après lui. "Si nous voulons démentir les pronostics qui font de nous des morts-vivants, alors nous devons changer drastiquement notre façon de fonctionner et sortir de ces querelles-là", lance-t-il à ses camarades. Sans certitude toutefois que le message soit reçu cinq sur cinq.

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