Suite de la tragi-comédie chez LR, qui reporte l'exclusion de quatre députés et ministres pro-Macron faute de votants

ENIEME EPISODE - Le bureau politique des Républicains a validé mardi, après trois mois de débats, l'exclusion des ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, et des députés Thierry Solère et Franck Riester, pour cause de ralliement à Emmanuel Macron. Mais il faudra encore attendre mardi prochain pour qu'un vote officialise cette décision. Ce qui suscite beaucoup de sarcasmes à droite.

Chez Les Républicains, on ne compte plus les bureaux politiques qui, depuis trois mois, sont consacrés à la purge des ministres et députés de la droite qui ont rallié Emmanuel Macron après la victoire de ce dernier en mai 2017.


Pourtant, le bureau politique de ce mardi semblait devoir déboucher enfin sur une décision tangible : l'exclusion en bonne et due forme des ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, et des députés Franck Riester, patron des "Constructifs" à l'Assemblée nationale, et Thierry Solère, après l'audition de ces derniers par une commission ad-hoc. 

Des exclusions, mais...

Dans sa déclaration finale, le bureau politique a bel et bien prononcé l'exclusion des quatre responsables politiques, "prenant acte" par ailleurs du départ du Premier ministre Edouard Philippe, dépourvu de parti à l'heure actuelle. Une décision prise à la majorité, certains, comme l'ex-député Patrick Ollier, ayant proposé une méthode moins brutale consistant à "suspendre" simplement les deux ministres... Le temps qu'ils achèvent leurs fonctions au gouvernement. 


Une exclusion en bonne et due forme donc. Sauf que... Le psychodrame LR - "un sketch" selon Franck Riester, l'un des bannis - devrait se prolonger encore quelques jours. Car les responsables LR réunis, avec 58 voix exprimées sur 115, n'ont pas atteint le quorum nécessaire pour que la décision soit incontestable. Et ce que l'état-major du parti de droite veut éviter par-dessus tout, ce sont des recours des intéressés contre leur exclusion - une menace déjà brandie dans la journée par Sébastien Lecornu. "Compte tenu des menaces de recours, nous prenons toutes nos précautions", a justifié le patron des Républicains, Bernard Accoyer. Résultat : un nouveau bureau politique est convoqué mardi 31 octobre pour valider la décision.


Ce n'est pas fini. Le bureau politique LR a également renvoyé à la semaine prochaine les débats sur l'exclusion éventuelle de Sens Commun, branche politique de la Manif pour tous, du parti de droite, après les propos du président de ce mouvement, Christophe Billan, favorable à un rapprochement avec Marion Maréchal-Le Pen. La demande avait été formulée par le juppéiste Maël de Calan, candidat à la présidence LR. 

Entre sarcasmes et grosse fatigue

Cette demi-décision a été accueillie avec une bonne dose de sarcasmes, y compris au sein de la famille LR. Le juppéiste Gilles Boyer a décidé d'en rire allègrement sur son compte Twitter.

"Ça me fait pitié", a réagi sur BFMTV le patron LR des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, manifestement moins amusé par la décision à double détente de la direction de son parti. "Un débat inutile", a également torpillé maire de Nice, Christian Estrosi. "Ça ne renvoie pas une image extraordinairement positive de notre famille politique", a euphémisé Maël de Calan sur LCI. 


Le député européen LR Alain Lamassoure a préféré, de son côté, annoncer sa démission pure et simple du parti dans un communiqué avec de citer... Groucho Marx : "Je n'accepte plus dans mon club un membre qui réussit, sans le club, à remplir la mission du club", a-t-il écrit, faisant référence au fait que c'est bien un membre de la droite, Edouard Philippe, qui était aujourd'hui à la tête du gouvernement, et que l'on avait sorti des Républicains. "Un tel degré d'humour dépasse ma propre jovialité gasconne", surenchérit le député européen. 


Quant à la députée européenne Rachida Dati, toujours prompte à dégainer : 

Principalement concerné par la décision, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin y est aussi allé de son commentaire personnel sur le psychodrame :

Si le parti parvient, malgré les moqueries, à achever la procédure d'exclusion, tout ne sera pas réglé pour autant. Reste la trentaine de députés Constructifs que la famille LR aimerait faire revenir dans son giron plutôt que d'entamer une nouvelle vague du purge. 


Or, ces derniers, pour l'heure, envisagent de créer leur propre parti ou même de rejoindre La République en marche, voyant d'un assez mauvais oeil la perspective que le très droitier Laurent Wauquiez remporte la présidence des Républicains en décembre prochain.

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