Suppression de l'ENA : "On est à la fin d'un modèle qui ne marche plus", estime Emmanuelle Wargon

Suppression de l'ENA : "On est à la fin d'un modèle qui ne marche plus", estime Emmanuelle Wargon

INTERVIEW - La ministre déléguée chargée du Logement était l'invitée de Jean-Michel Aphatie ce vendredi sur LCI. Elle-même diplômée de l'institution chargée d'assurer la sélection et la formation des hauts fonctionnaires de l'État, elle est revenue sur son parcours.

"Ça fera une vraie différence". La ministre déléguée au Logement auprès de la ministre de la Transition écologique, Emmanuelle Wargon, a réagi ce vendredi à la suppression de l'Ecole nationale d'administration annoncée la veille par Emmanuel Macron pour la remplacer par un "Institut du Service public" (ISP), qui devra "sélectionner des profils moins déterminés socialement". Une réforme promise après la crise des "Gilets jaunes" en 2019. 

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"Ce qui est intéressant, c'est que là ce n'est pas une réforme de la scolarité mais de la haute fonction publique", a-t-elle estimé face à Jean-Michel Aphatie sur LCI, la jugeant "utile y compris pour les hauts fonctionnaires eux-mêmes" qui auront "un choix plus large". Si "l'ENA a fondamentalement servi la France" considère-t-elle, "on est à la fin d'un modèle qui ne marche plus et sur lequel on a fait beaucoup de rustines".

"Je soutiens ce que fait le Président"

Elle-même diplômée de l'institution chargée d'assurer la sélection et la formation des hauts fonctionnaires de l l'État, Emmanuelle Wargon est aussi longuement revenue sur son parcours. "C'est vrai que je suis énarque et haut fonctionnaire, que j'ai commencé ma carrière à la Cour des comptes, mais après essentiellement dans les ministères sociaux", a-t-elle rappelé, soulignant être "sortie dans ce qu'on appelle l'accès direct aux grands corps", concédant que "ça veut dire bonne élève"

"Moi je soutiens ce que fait le Président parce que je pense que le système dans lequel on est, dans lequel j'ai vécu et auquel j'ai contribué il faut le changer très très profondément", a-t-elle poursuivi, soulignant avoir été "du bon côté" et en avoir "bénéficié". Et de s'en expliquer : "Parce qu'il y a une différence trop importante dans les carrières entre le fait d'appartenir à un grand corps qui permet plus facilement de changer de ministère, de secteur, de sujet et le côté plus cloisonné quand vous sortez dans un ministère et que vous avez plus de mal ensuite à passer d'un sujet à un autre".

"Je suis haut fonctionnaire, je connais les hauts fonctionnaires"

Toujours en s'appuyant sur son expérience personnelle, elle a expliqué qu'aujourd'hui, "les carrières telles qu'elles sont faites sont plutôt des carrières qui mènent à rester où vous êtes sortis de l'ENA des années et des années avant". Et de détailler : "Je le sais parce que moi j'ai essayé de changer, j'ai quitté la Cour des comptes après quatre ans, je suis partie dans le champ du social, qui était un choix pas très évident à l'époque, mes collègues allaient plutôt vers Bercy, vers des fonctions 'plus prestigieuses'. J'ai été au ministère de la Santé, du Travail, à l'Agence du médicament et puis j'ai eu une expérience dans le privé qui était aussi une expérience personnelle justement d'aller voir ailleurs". Mais, insiste-t-elle, "ces carrières-là ne sont finalement pas tellement encouragées, vous êtes plutôt encouragé à être toujours dans le même ministère". 

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Pour conclure, elle s'est exprimée sur les reproches récurrents à l'adresse des hauts fonctionnaires, en cette période de vives critiques sur la déconnexion des élites. "Je suis haut fonctionnaire, je connais les hauts fonctionnaires, je sais à quel point ils travaillent, sont dévoués et portent le pays", a-t-elle déclaré. Et d'insister : "Je le dis sincèrement, j'en ai fait partie très longtemps, ce sont des gens qui sont compétents et qui ont l'intérêt général chevillé au corps".

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