Suppression de l'"exit tax" : Macron se défend de faire "un cadeau aux plus riches"

Suppression de l'"exit tax" : Macron se défend de faire "un cadeau aux plus riches"
Politique
ANNONCE - Dans une interview au magazine américain Forbes, le président de la République annonce vouloir supprimer cette taxe sur les plus-values payée par les investisseurs qui quittent la France. Selon lui, de nombreuses start-up décident de se lancer à l'étranger "dans le but d'éviter cet impôt".

Une taxe destinée à décourager l'exil fiscal, créée par Nicolas Sarkozy puis supprimée par Emmanuel Macron ? C'est le président lui-même qui l'annonce, dans une interview au magazine américain Forbes, à paraître le 31 mai. Emmanuel Macron souhaite en effet supprimer en 2019 l'"exit tax", qui enverrait selon lui un "message négatif" aux entrepreneurs.


Mise en place en 2011, l'"exit tax" s'applique aux contribuables détenant un patrimoine en actions ou obligations supérieur à 800.000 euros, ou au moins 50% du capital d'une entreprise. Si ces derniers transfèrent leur domicile fiscal hors de France, ils sont imposés sur les plus-values potentielles réalisées grâce au changement de régime fiscal. 

Cette annonce, repérée par le Huffington Post, s'inscrit dans l'interview du président par Forbes, dans laquelle Emmanuel Macron est présenté comme le "leader des marchés libres", qui rend "enfin" la France favorable à l'entrepreneuriat. La suppression de cette "exit tax" est ainsi présentée par le chef de l'État comme une stratégie pour attirer les investissements.

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À sa création, en 2011, l'"exit tax" a été présentée comme un impôt destiné à éviter qu'un investisseur ne change de résidence fiscale juste pour être moins imposée sur la plus-value qu'il réalise. Selon Emmanuel Macron, l'"exit tax" aurait comme effet pervers de décourager ces investisseurs, qui préféreraient "lancer leurs projets en partant de zéro à l'étranger dans le but d'éviter cet impôt".


Le président estime dans Forbes que "l'un des principaux problèmes [de la France] était le coût de l'échec, mortel pour l'investissement". Et d'ajouter que, "dorénavant, il est plus facile d'échouer et ça ne coûte rien, ce qui est le meilleur moyen d'encourager les entrepreneurs à se lancer et réussir". Emmanuel Macron a enfin précisé que cet impôt est "tout petit" et "pas particulièrement bénéfique pour les finances publiques".


Alors que les reproches se multipliaient au sein de la classe politique, de la France insoumise aux Républicains en passant par le PS et Benoît Hamon, lui reprochant de faire ainsi un nouveau cadeau aux plus riches, après avoir abandonné l'ISF pour un plus avantageux impôt sur la fortune immobilière, Emmanuel Macron s'en est défendu, depuis l'Australie où il est en voyage : "On confond tout [...] Les gens très riches et les gens qui fraudent ne paient pas l'exit tax." Et terminé ainsi : "La France, pour être un pays d'entrepreneurs, ne peut pas leur dire : 'Si vous bougez, on vous taxe'. Il faut la supprimer et renforcer notre dispositif de lutte contre la fraude fiscale."

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