Supprimer les cotisations des salariés : la proposition de Macron pourrait être inconstitutionnelle

Politique
PROGRAMME - Emmanuel Macron avance (enfin!) ses premières propositions. Lors d'un meeting, samedi, le candidat à la présidentielle a annoncé qu'il souhaitait supprimer les cotisations chômage et maladie des salariés. Dans "la mise au point", Renaud Pila analyse cette mesure choc.

  • 1Emmanuel Macron veut privilégier le pouvoir d'achat des salariés

    L’objectif affiché est clair: rendre du pouvoir d’achat aux Français. Et si le candidat à la présidentielle commence sa campagne sur cette thématique, c’est qu’il sait très bien qu’il est attendu au tournant par l’électorat de gauche, et notamment par les classes moyennes et les catégories populaires, qui ont payé très cher les hausses d’impôts des deux premières années du quinquennat. Le principal rival d’Emmanuel Macron, Manuel Valls, est lui aussi soucieux de faire un geste fort pour les bas salaires. Il opte cependant pour une autre méthode : rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires. Une mesure mise en place par Nicolas Sarkozy et que François Hollande avait supprimé.
  • 2Comment ? En remplacant les cotisations par la CSG

    Le fondateur du mouvement "En Marche!" souhaite supprimer toutes les cotisations que payent les salariés sur le chômage et l’assurance maladie. Cette proposition aurait pour conséquence immédiate une hausse de notre salaire net. Le problème, c’est que ça coûte très cher : ses équipes évaluent le coût à 20 milliards d’euros. Comment compte-t-il compenser ce manque à gagner pour financer l’assurance maladie et les indemnités chômages? En se reposant sur la CSG, un impôt créé par Michel Rocard, payé par tous les Français, y compris les retraités. Avec cette mesure, les retraités les plus aisés et les détenteurs de capitaux seraient dorénavant les plus gros financeurs. Une révolution : ils financeraient la protection des salariés alors qu’eux-mêmes ne travaillent pas. En revanche, Emmanuel Macron affirme qu’il épargnerait les retraités les plus modestes.
  • 3Une fausse bonne idée ? Les obstacles à cette solution

    Pas sûr qu'Emmanuel Macron puisse réellement mettre en oeuvre cette proposition. Alors qu'il était secrétaire général à l'Elysée, en 2013, le pouvoir en place avait tenté d'appliquer une baisse dégressive ciblée des cotisations des salariés. Il s'agissait alors de donner un coup de pouce aux personnes touchant entre 1 et 1,3 fois le Smic. Avec cette baisse des cotisations, une personne au Smic aurait gagné 500 euros supplémentaires par an. La mesure a cependant été rejetée à l'été 2014 par le Conseil constitutionnel au motif que son caractère ciblé contrevenait au "principe d'égalité". C’est le principal problème de cette mesure. Il y a un risque constitutionnel car cela change profondément la philosophie de notre système de protection sociale.

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