Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy enchaîne les approximations

Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy enchaîne les approximations

DirectLCI
FACT-CHECKING – L’ancien chef de l’État a enchaîné les petites erreurs et grosses approximations ce jeudi matin, sur Europe1, notamment lorsqu’il s’est targué "d'avoir mis en oeuvre tous ses engagements de campagne". Metronews rétablit les faits.

Nicolas Sarkozy a fait du Nicolas Sarkozy ce jeudi matin. Comprenez : en grande forme, il a étrillé le gouvernement en place, notamment sur l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer en force la loi Macron, et a commis de nombreuses approximations lorsqu’il a évoqué son passage place Beauvau et à l’Élysée.

A LIRE AUSSI >>  Nicolas Sarkozy élu plus gros menteur de l'année 2014

Ainsi, après son interview par Jean-Pierre Elkabbach, l’ancien chef de l’État, devenu en novembre dernier le président de l’UMP, a répondu aux questions d’auditeurs de la radio. Au détour de l’une d’entre elles, il s’est targué d’avoir tenu ses promesses électorales de 2007, insistant sur l’absence de violences policières pendant son mandat dans ces termes : "J’ai été pendant neuf ans à des responsabilités très importantes en France. Vous savez quelle est ma fierté ? C’est d’avoir mis scrupuleusement en oeuvre tous mes engagements de campagne, de ne jamais avoir reculé devant la rue et de ne pas avoir de sang sur les mains".

"Je n’ai pas de sang sur les mains"
Derrière la formulation choc, souvent utilisée en parlant des dictateurs (y compris par Nicolas Sarkozy ), l’ancien chef de l’État veut évoquer les violences policières et notamment la mort du jeune Rémi sur le chantier du barrage de Sivens, tué en octobre dernier par une grenade lancée par un gendarme .

Sur Europe 1 , il affirme alors que lorsqu’il était ministre de l’Intérieur puis Président, entre 2005 et 2012, "pas un jour dans le pays il n'y a eu de la brutalité de la part des forces de l'ordre". Une affirmation qu’il avait déjà tenue, en substance, à Marseille, en octobre dernier… et qui avait été démontée par Le Lab . Le site rappelle qu’en octobre 2011, à Mayotte, Ali El Anziz est décédé au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre. Autre cas, en 2008 : Hakim Ajimi, un Tunisien de 22 ans mentalement dérangé, décède au cours d’une interpellation. Trois policiers seront condamnés, rapporte lemonde.fr . En outre, en avril 2009, Amnesty International épinglait la France dans un rapport, et dénonçait des violences policières insuffisamment contrôlées dans l’Hexagone et "pour lesquelles [les auteurs] sont rarement traduits en justice".

 "J’ai scrupuleusement mis en oeuvre tous mes engagements de campagne"
Droit dans ses bottes, Nicolas Sarkozy assure avoir mis en oeuvre "tous ses engagements de campagne" formulés en 2007. Tous ? Pas vraiment. Citons-en au moins un qui donne ainsi tort à l’ainsi président de la République : la mise en oeuvre du référendum d’initiative populaire. Une promesse du candidat Sarkozy toujours pas en vigueur en février 2012, lorsque le chef de l'Etat s’est lancé dans la course à sa propre succession. Et pour cause : les décrets d'application du texte n'ont jamais été publiés, souligne lemonde.fr .

 "Je n’ai jamais reculé devant la rue"
Sa fierté n’est pas nouvelle. Déjà en 2012, le candidat Nicolas Sarkozy bombait le torse et tenait le même discours lors d’un discours à Annecy . Une allusion à sa position ferme en 2010 lorsqu’il se lance dans la très impopulaire réforme des retraites qui fait descendre jusqu’à 3,5 millions de personnes dans les rues. Une fermeté de façade pour slate.fr , puisque l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général par souci d’économies s’est fait avec des compensations complexes aux syndicats et rendent la mesure "caduque", assure le site.

EN SAVOIR + >>  Nicolas Sarkozy : "Le 49.3 est une mesure disciplinaire"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter