Nicolas Sarkozy veut un référendum sur le regroupement familial et l'internement des fichés S

VOTEZ ! - Le candidat à la primaire de la droite et du centre a remis sur la table son arme favorite, lors d'une interview sur France 2, vendredi 7 octobre. L'idée : faire voter les Français sur le regroupement familial et l'internement des fichés S.

Nouvelle interview pour Nicolas Sarkozy et nouvelle série d'annonces. Après en avoir parlé à plusieurs reprises à longueur d'interviews et de livres, l'ancien chef de l'Etat concrétise l'un de ses outils démocratiques les plus forts : le référendum. A Laurent Delahousse sur France 2, vendredi 7 octobre, celui qui arrive en deuxième position dans les sondages de la primaire de la droite et du centre a indiqué qu'il souhaitait poser deux questions aux Français, le jour du deuxième tour des législatives.


Le 18 juin 2017, donc, Nicolas Sarkozy, alimentant à son tour les références gaulliennes (ce sera le 77e anniversaire de l'appel du général de Gaulle), demandera aux électeurs de s'exprimer sur deux thèmes :

  • 1L'automaticité du regroupement familial

    En place depuis 1974, cette procédure s'adresse au citoyen étranger "qui séjourne régulièrement en France depuis au moins 18 mois et souhaite faire venir son épouse et ses enfants". Un dispositif qui n'est plus tenable pour le candidat Sarkozy, "tant que l'UE n'aura pas de frontières dignes de ce nom", faisant valoir "un gigantesque problème d'intégration républicaine" et "l'explosion démographique qui atteint l'Afrique".
  • 2L'internement administratif des fichés S les plus dangereux

    Mettant en avant son expérience de ministre de l'Intérieur et de président de la République, le candidat Sarkozy estime être bien placé pour savoir que toutes les mesures contre le terrorisme ne sont pas au niveau. Il propose donc de mettre en détention, "sur proposition du juge, les fichés S les plus dangereux".

Deux propositions qui ne manqueront pas de faire réagir. Le regroupement familial, un sujet très en prise sur l'échiquier droit du monde politique, ne concernait pourtant que 12.000 personnes en 2015. Quant à l'internement des fichés S, même "des plus dangereux", le référendum suffira-t-il à éviter l'obstacle considérable que constitue la Constitution et la Convention européenne des droits de l'Homme ? Le Monde rappelait, après que la proposition fût maintes fois réclamées par la droite à la suite de l'attentat de Magnanville, qu'il "n'est pas possible d'autoriser par la loi, en dehors de toute procédure pénale, la rétention, dans des centres prévus à cet effet, des personnes radicalisées".

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