Sylvie Goulard refusée à la Commission européenne : qui, en France, pour la remplacer ?

Politique

UNION EUROPEENNE - Après le rejet retentissant par les eurodéputés, jeudi, de la candidature de l'ex-ministre d'Emmanuel Macron, la Commission européenne n'a que six jours pour se trouver un futur commissaire français en charge du Marché intérieur. De nombreux nom circulent, mais l'entourage présidentiel refuse de donner d'éléments à ce sujet.

Les tractations ont repris, mais cette fois en silence. Après le rejet retentissant, jeudi, de la candidature de l'ex-ministre d'Emmanuel Macron, Sylvie Goulard, pour le poste de commissaire au Marché intérieur, la France et la Commission européenne doivent trouver, d'ici six jours - sous peine de report de la nouvelle Commission -, le nom du ou de la remplaçante. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devra ensuite soumettre la nouvelle candidature aux eurodéputés, ceux-là même qui ont retoqué Sylvie Goulard. 

Ces dernières heures, de nombreux noms ont circulé dans la presse, de sources diplomatiques ou encore à Bruxelles. Aucun de ces noms n'a été validé par l'entourage présidentiel, qui indiquait vendredi à LCI ne donner "aucun élément" à ce sujet. "On choisira évidemment quelqu'un de cohérent, qui a de la légitimité et de l'expérience", assurait-on simplement. La nouvelle candidature française, en outre, ne sera pas nécessairement celle d'une femme, l'enjeu de la parité relevant de la présidente de la Commission européenne, à l'échelle de sa future équipe. 

Jeudi, Emmanuel Macron avait simplement indiqué que la France avait initialement proposé trois noms à Ursula Von der Leyen, à charge pour elle de décider des suites à donner. 

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Royal, Parly et Barnier

Si l'Elysée n'a pas donné d'éléments sur les deux autres noms qui avaient été proposés initialement, une source à Bruxelles a indiqué à l'AFP qu'il s'agirait de la socialiste Ségolène Royal, actuellement ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles, et de Florence Parly, la ministre française des Armées. Aucune des deux responsables ne s'est exprimée pour l'heure, officiellement, à ce sujet. Selon Le Monde, Florence Parly aurait déjà refusé à plusieurs reprises, par le passé, cette proposition.

Un troisième nom circule, celui de Michel Barnier, ancien commissaire au Marché intérieur entre 2010 et 2014, et actuellement négociateur en chef de l'UE sur le Brexit. Si son profil européen n'est pas à démontrer, cette candidature présente deux "hic". D'une part, il faudrait remplacer sine die le négociateur alors que le Brexit risque d'être effectif au 31 octobre, dans sa version la plus dure. D'autre part, Michel Barnier, issu des Républicains, est membre du groupe PPE au Parlement européen, celui-là même qui a orchestré le rejet de Sylvie Goulard. 

Moisson de candidats putatifs

D'autres noms ont circulé dans les médias. Le Monde a évoqué celui de Clément Beaune, l'actuel conseiller Europe du chef de l'Etat. Son nom avait déjà été évoqué fin août pour la Commission européenne. Il est question, aussi, de Benoît Coeuré, économiste et membre du directoire de la Banque centrale européenne. 

Le JDD a avancé, de son côté, le nom de Guillaume Klossa, ex-patron de l'Union européenne de radio-télévision et fondateur du think tank Europa Nova. 

Le nom d'Amélie de Montchalin, la secrétaire d'Etat chargée des Affaires européennes, a également été évoqué, même si cette fidèle d'Emmanuel Macron présenterait l'inconvénient d'être trop estampillée macroniste. Enfin, l'actuel ministre de l'Economie Bruno Le Maire a également été mentionné, mais son entourage a confirmé à LCI qu'il n'était pas intéressé par le poste, privilégiant sa mission à Bercy. 

"Une logique de projets"

La priorité de la France, au-delà du choix de la personne, est désormais de parvenir à garder les larges attributions qui auraient dû incomber à Sylvie Goulard. Outre le Marché intérieur, cette dernière devait hériter de l'industrie, de la défense et du domaine spatial. "On s'est battu avant tout pour le portefeuille", a indiqué à LCI l'entourage du président de la République. "On souhaite garder ce périmètre-là. On a toujours eu une logique de projet et non de personne". Emmanuel Macron devrait faire passer ce message lors de l'entrevue prévue ce week-end avec la future présidente de la Commission. 

La France assure également ne pas être dans une "logique de blocage", après le rejet de Sylvie Goulard. "Il faut que le Parlement et la Commission soient capables de s'entendre", prévient une source diplomatique sollicitée par LCI. "Ce n'est pas seulement un sujet français, mais un sujet institutionnel", ajoute cette source, qui estime que "dans le fonctionnement du Parlement aujourd'hui, il y a un problème avec le PPE qui ne joue pas le jeu de la cohésion", et qui risque "d'affaiblir la Commission". 

Problème européen ou non, la France aurait probablement beaucoup à perdre elle-même dans un nouvel échec devant les eurodéputés. D'où l'importance de ne pas rater le nouveau casting. 

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