Syrie, François Hollande, port du voile, impôts... Ce qu'il faut retenir des 2h30 d'interview d'Emmanuel Macron

Syrie, François Hollande, port du voile, impôts... Ce qu'il faut retenir des 2h30 d'interview d'Emmanuel Macron

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EN BREF - Un an après son élection, Emmanuel Macron a dressé le bilan de son action ce dimanche soir lors d'une interview fleuve menée par Jean-Jacques Bourdin (RMC, BFMTV) et Edwy Plenel (Mediapart). LCI a résumé pour vous ce qu'il fallait retenir de cette intervention.

Comme jeudi sur TF1 et LCI, le président de la République a réaffirmé que l'Etat reprendrait la dette de la SNCF, que l'hôpital serait réformé, que les Zadistes de Notre-Dame-des-Landes seraient délogés. Mais il a également abordé d'autres questions sur lesquelles il s'était moins exprimé dans le passé. En voici un résumé :

Port du voile

Interrogé sur les propos du ministre de l'Education, qui estime qu'un parent accompagnant ne devrait "normalement" pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de "conviction personnelle" de Jean-Michel Blanquer. 


Emmanuel Macron a lui expliqué : "Le voile n'est pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays, à l'égalité qu'il y a entre l'homme et la femme. Nous ne comprenons pas qu'il y ait cette distance, cette séparation. On doit l'expliquer, on doit convaincre. Je ne veux pas faire une loi qui l'interdise dans la rue car ce serait contre-productif. Ce que je ne veux pas, c'est qu'une femme soit obligée de le porter."

Immigration

Alors que le Parlement examine la loi asile et immigration, le président de la République a déclaré : "Je ne veux pas que les demandeurs d'asile soient pris dans une procédure trop longue. Les gens qui ne demandent pas l'asile, il faut instruire leur dossier plus vite et les renvoyer car on ne peut accueillir toute la misère du monde." Il a aussi rassuré, en assurant que "les enfants seuls ne seront pas mis dans des centres de rétention". Seuls "les mineurs avec leur famille peuvent être mis dans des centres de rétention quelques heures avant d'être expulsés."

Djihadistes condamnées en Irak ou en Syrie

Lorsque Jean-Jacques Bourdin a demandé à Emmanuel Macron si la France interviendrait si une djihadiste française était condamnée à mort en Irak ou en Syrie, il a répondu : "Nous demanderons que cette peine soit commuée dans une peine conforme à la France, une peine de prison".

François Hollande

Dans son livre Les leçons du pouvoir, François Hollande parle de la "duplicité" d'Emmanuel Macron. "J'ai du respect pour François Hollande. Mais vous me connaissez maintenant. Quand je suis devenu conseiller de François Hollande, il y avait des mesures avec lesquelles je n'étais pas d'accord, 75%. Il y en avait dont je savais qu'elles ne marcheraient pas. Et elles n'ont pas marché. Quand j'ai été en désaccord, je suis parti. En ne demandant rien. J'ai été rappelé comme ministre. Moi, les ministres, je ne les prends pas pour mes obligés. Je les prends pour des hommes et des femmes courageux, libres. Ils sont dans un collectif. Mais ce ne sont pas des obligés. Quand j'ai eu des désaccords j'ai quitté le gouvernement. En prenant tous les risques parce que je croyais en ce projet. Ces cinq années j'ai toujours dit ce que je pensais. Si c'est ce qu'on appelle la duplicité, très bien."


Une pique un peu plus sévère que ce qu'il n'y paraît. En effet, dans la bouche d'Emmanuel Macron, le terme "obligé" n'est pas anodin. En 2016, alors qu'il était ministre de l'Economie, il avait déclaré qu'il n'était pas "l'obligé" de François Hollande. Ce dernier avait peu apprécié et avait demandé à son ministre de démentir avoir tenu ces propos.

La légitimité du pouvoir

Alors qu'Edwy Plenel rappelait à Emmanuel Macron qu'il n'avait recueilli "que" 18% des voix au premier tour de l'élection présidentielle, le Président a répondu : "Les Françaises et les Français m'ont mis en tête du premier tour. Et ensuite, vous avez raison, le deuxième tour a été très particulier parce que face à Mme Le Pen. (...) Mais il y a eu quelques semaines plus tard des législatives. Et je ne crois pas qu'il y ait eu d'ambiguïté, ni au premier ni au second tour. (...) Il faut toujours considérer l'ensemble de la société. Je peux être en désaccord mais je respecte les gens. J'ai la légitimité démocratique, comme les parlementaires de la majorité l'ont."

Nouvelle journée de solidarité

Jeudi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait évoqué l'idée de créer une nouvelle journée de solidarité pour financer la dépendance. Le Président a dit ne pas être "contre" cette proposition, qui pourrait amener les Français à travailler un deuxième jour férié gratuitement. "C'est une piste (...) Est-ce que ça a bien marché la dernière fois? Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut le regarder (...) Ça peut être une option". La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Impôts

Le président de la République a assuré qu'il ne créerait aucun nouvel impôt d'ici 2022. "Il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local, ni d'un impôt national, il n'y aura pas d'augmentation de la pression" fiscale d'ici à 2022, a déclaré le président de la République sur BFM TV/RMC/Mediapart. Il a ajouté qu'il y aurait "une baisse même en proportion de cette suppression de la taxe d'habitation", qui doit se faire progressivement.

Syrie

Emmanuel Macron s'exprimait pour la première fois depuis les frappes menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis en Syrie. "Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire" a-t-il déclaré. Il a assuré que "c'est la communauté internationale qui est intervenue", en réponse à une question sur la légalité des frappes sur le plan du droit international. "En Syrie, nous menons une guerre contre Daech. Nous le faisons dans le cadre d’une coalition internationale, c’est notre priorité", a rappelé le chef de l'Etat. "Le régime de Bachar al-Assad a déclaré se conformer au droit international. Or il y a un accord pour la neutralisation des armes chimiques qui n’a pas été respecté. Il y a une résolution, du Conseil de sécurité qui prévoit l’usage de la force si elle n’est pas respectée. (...)  Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que nous avons la pleine légitimité internationale pour intervenir dans ce cadre, si nous voulons que la communauté internationale soit respectée." "La France comme ses alliés n’ont pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad", a-t-il également assuré.

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