Tarifs des complémentaires santé : l'Elysée met la pression pour que le reste à charge soit bien à zéro

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REMBOURSEMENTS - Alors que les complémentaires santé faisaient planer la menace de la hausse des tarifs en réaction à la mise en place d'un "reste à charge à zéro" pour les patients dans un certain nombre de soins médicaux, Emmanuel Macron a réuni leurs représentants, mardi 18 décembre à l'Elysée.

Un des gros angles morts de la politique en faveur du pouvoir d'achat d'Emmanuel Macron vient-il de s'éclaircir ? Voilà quelques mois que l'exécutif fait la guerre aux mutuelles, assurances santé et instituts de prévoyance, depuis l'annonce de la mise en place du "reste à charge zéro" pour les dépenses de santé concernant les soins dentaires, optiques ou auditifs. Au coeur de l'opposition entre les deux parties : la hausse des cotisations liées à la mise en place de cette réforme, et annoncée par ces organismes de complémentaires santé, auxquels souscrivent les Français pour compléter les remboursements de la Sécurité sociale. Une prédiction explosive, en plein mouvement de contestation des Gilets jaunes autour du pouvoir d'achat.


Prévue pour être appliquée au plus tard en 2021, cette loi prévoit que les Français n'auront rien à débourser pour bénéficier d'un certain nombre de lunettes, de prothèses auditives ou d'accessoires dentaires.  Mais il y a un hic. Si l'exécutif, Emmanuel Macron le premier, avait promis que le prix des mutuelles n'augmenterait pas - "Il n'y aura pas de marché de dupes" - pour faire face à cette dépense, les organismes de complémentaires l'entendaient d'une autre oreille. Mais sans pour autant vouloir en entériner le principe sur le plan législatif. En octobre, une étude du cabinet spécialisé Santiane anticipait pour Le Parisien, que le tarif des mutuelles, confrontées à une forte hausse des remboursements, augmenterait de 6,8% à terme, une évolution soutenue par les retraités, particulièrement concernés par ces paniers-là.

Des formulations sous 48 heures

Une funeste prédiction reprise par l'opposition qu'Agnès Buzyn a qualifié de "sabotage politique", arguant que ces dernières n'avaient aucune raison d'augmenter leurs tarifs, cette réforme représentant "0,14% de leur chiffre d'affaires". Fin de l'histoire ce mardi 18 décembre ? Au sortir de leur réunion, les représentants d'une vingtaine de grands groupes ont assuré qu'il n'y aurait "pas de hausse des tarifs en 2019 liées au reste à charge zéro", et se sont même "engagés à travailler pour qu'il en soit de même en 2020". Une promesse finalement peu engageante, puisqu'elle ne répond pas aux questions sur les hausses globales de tarif.


Une thématique qui, à entendre l'Elysée, a donné lieu "à un échange un peu musclé", les prédictions de hausses de tarif faites par certaines complémentaires ayant mis "le président dans une colère assez noire", fait savoir le Château. La conversation autour du gel des tarifs sur le reste à charge zéro évacuée, restait une autre demande de l'exécutif : limiter les frais de gestion, qui atteignent 20% des montants distribués. Une supplique à laquelle ont favorablement répondu les organismes, qui se sont vus demander de formuler des propositions concrètes sous 48 heures.

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