"Taubira démission !" : la ritournelle

"Taubira démission !" : la ritournelle

DirectLCI
REFRAIN – En meeting ce mercredi soir à Montreuil, Christiane Taubira, toujours ministre de la Justice, est depuis longtemps dans le viseur de l'UMP. Une musique récurrente dans ce quinquennat. Loi sur le mariage pour tous, réforme judiciaire jugée trop laxiste... la droite s'est emparée de nombreux sujets pour exiger la démission de la garde des Sceaux.

Si des sources concordantes ont pu rapporter une possible démission de Christiane Taubira ce mercredi, il n'en est pas (encore) question : elle aurait été refusée par François Hollande. Mais ce n'est pas faute de longues injonctions d'une bonne partie de la droite. Après les révélations du Monde sur les écoutes des appels téléphonique de Nicolas Sarkozy et son éventuelle mise en cause dans un trafic d'influence, l'UMP s'est défendue en attaquant notamment la ministre de la Justice.

"Lundi soir, Madame Taubira dit à la télévision à l'ensemble des Français qu'elle n'était pas informée que des écoutes ont eu lieu. Le lendemain, Monsieur Ayrault la désavoue en confirmant que la garde des Sceaux était au courant et que lui-même était au courant. C'est donc que la garde des Sceaux a menti. Dans ce contexte il n'est pas possible qu'elle reste en fonction. Sa démission face à ce mensonge est inéluctable", a ainsi lancé mercredi le président de l'UMP, Jean-François Copé. Cette logique implacable est devenue le leitmotiv de l'opposition. Retour sur les nombreuses remises en cause de Christiane Taubira.

"Hollande démission, Taubira pendaison"

Pour Christiane Taubira, la longue marche vers l'adoption de la loi sur le mariage pour tous a été parsemée d'obstacles. Dès janvier 2013, avec les premières Manif pour tous, la garde des Sceaux devient la première cible des anti-mariage gay. Des élus UMP, Christine Boutin et l'ensemble de la droite conservatrice cible la ministre de la Justice. Pire, comme le rappelle Rue89 , sur une banderole brandie le 8 septembre 2013 est écrit : "Hollande démission, Taubira pendaison". En octobre, c'est une petite fille qui agite une banane en traitant Christiane Taubira de guenon.

Mais les occasions exploitées pour attaquer l'hôte de la place Vendôme ont été variées. Après l'affaire du Bijoutier de Nice, Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, a accusé la ministre de la Justice d'"incitation à la violence" par sa tolérance à l'égard des délinquants. Très virulent, le député a accusé Christiane Taubira d'être coupable d'une "obsession négative à l'égard de la prison" et "d'envoyer des signes de mansuétude à la délinquance".

"Mme Taubira apparaît sous son vrai jour, sectaire, politisée et manœuvrière"

Bis repetita cet été 2013. Après les révélations d'un litige entre Manuel Valls et Christiane Taubira sur la réforme de la politique pénale, Chritian Estrosi lance une pétition contre la réforme de la ministre. "Que ce soit à l'Assemblée nationale, au Sénat ou sur le terrain, avec l'aide des parlementaires et des militants, nous serons mobilisés jour et nuit pour combattre cette 'réforme' pénale", écrivait Jean-François Copé dans un mail adressé à ses militants et révélé par le HuffPost.

Il y a tout juste un mois, l'UMP dans son ensemble n'avait pas assez de mots pour critiquer la ministre de la Justice. Réagissant à la tentative de mutation du procureur général de Paris pour "sensibilité politique" différente de celle de la ministre de la Justice, le patron de l'UMP avait dénoncé un "scandale d'Etat". "Les masques sont en train de tomber. Mme Taubira apparaît sous son vrai jour, sectaire, politisée et manœuvrière", avait déclaré Christian Jacob qui n'avait pas manqué d'exiger sa démission : "Si tout cela est confirmé, impossible que le Président et le Premier ministre puissent garder la ministre de la Justice au gouvernement". Que ce soit juste après le scandale Cahuzac ou lors de l'évasion d'un prisonnier, la droite a son ennemie attitrée : Christiane Taubira.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter