Taubira et les écoutes de Sarkozy : François Hollande doit-il s'exprimer ?

Taubira et les écoutes de Sarkozy : François Hollande doit-il s'exprimer ?

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INTERVENTION – Mis en cause depuis les révélations du Monde sur les écoutes de Nicolas Sarkozy, le gouvernement a toutes les peines du monde à se sortir de cette délicate situation. François Hollande doit-il s'exprimer pour tenter de désamorcer la crise ?

Parler ou garder le silence ? Tous les ministres concernés, jusqu'au premier d'entre eux, se sont exprimés sur l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy , mais François Hollande n'est pas encore intervenu. Dans les situations politiques difficiles, le chef de l'Etat a pourtant l'habitude de prendre la parole, parfois à ses dépens. 

"Il faut parfois éviter de faire le JT de trop"

Face à cette situation délicate , le Président doit-il intervenir ? "La meilleure attitude politique est parfois celle qui vise à se taire. Le gouvernement ne cesse de prendre la parole, mais il faut parfois éviter de faire le JT de trop", souligne à metronews Virginie Martin, politologue et présidente du Think Tank Different. Et de remarquer : "Depuis les révélations du Monde sur ces écoutes, Marine Le Pen se fait plutôt discrète, ne commet pas de "péché médiatique" et c'est une démarche qui pourrait bien lui servir", ajoute-t-elle.

Le 14 octobre dernier, la polémique sur l'expulsion d'une famille rom, que l'on appellera "l'affaire Leonarda", a ainsi mis en difficulté la majorité. Après de nombreuses polémiques sur l'attitude des forces de l'ordre puis sur le passé controversé du père de Leonarda, le président de la République est intervenu le 19 octobre. Sur la base d'un rapport administratif, il annonçait qu'il n'y avait pas eu de faute de l'administration mais reconnaissait un "manque de discernement" dans le fait que Leonarda ait été interpellée dans un contexte scolaire. "Si elle le demande, un accueil lui sera réservé, à elle seule", ajoutait-il. Cette déclaration alimentera toutefois la polémique et donnera l'impression d'un nouveau "couac gouvernemental".

L'enquête préliminaire sur les finances de l'UMP, la solution de la majorité ?

Lorsque l'affaire Cahuzac éclate le 4 décembre 2012 par exemple, il faut attendre le 2 avril pour que Jérôme Cahuzac avoue, après de nombreux mensonges, détenir 600 000 euros. Il démissionnera le lendemain après avoir demandé "pardon" au Président et au Premier ministre. Ce même 3 avril, François Hollande prend la parole. "J'ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays : le chef de l'État, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français", déclare-t-il avant d'annoncer quelques mesures pour "instaurer plus de transparence dans la vie politique". Le Président décide de désamorcer ce scandale politique en proposant une loi. Sur le moment, la démarche semble convaincre.

Avec les révélations récentes du Monde sur les écoutes de Nicolas Sarkozy par la justice , la gauche au pouvoir ne cesse d'être mise en cause. Christiane Taubira, qui a d'abord assuré ne pas être au courant de ces "interceptions téléphoniques", a admis mercredi avoir commis "une maladresse" en reconnaissant avoir été tenue informée le 28 février. Mercredi, la garde des Sceaux a une fois encore été accusée "de mensonge", puisqu'une note administrative précise qu'elle était "régulièrement" renseignée sur l'avancée de l'information judiciaire visant Nicolas Sarkozy. Pour de nombreux journalistes et éditorialistes, le remaniement guette le gouvernement et la ministre de la Justice aurait même pensé à démissionner. L'ouverture d'une enquête préliminaire contre l'UMP semble être l'une des seules solutions pour sauver la majorité de cette belle impasse politique.

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