La hausse controversée de la CSG votée à l'Assemblée nationale

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ADOPTÉE - Les députés ont voté mercredi soir la hausse de la CSG pour compenser la suppression des cotisations sociales pour les salariés du privé. Les débats ont été vifs autour de la "solidarité" entre retraités et actifs.

L'augmentation de la CSG pour compenser la baisse des cotisations sociales, mesure phare d'Emmanuel Macron, a été votée ce mercredi soir à l'Assemblée nationale. La majorité présidentielle a voté pour cette "mesure de solidarité intergénérationnelle" alors que la gauche et la droite ont dénoncé une "injustice" faite aux retraités. 


L'article 7 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit de supprimer en deux temps en 2018 les cotisations maladie et chômage pour les salariés du privé, représentant 3,15% du salaire, ce qui doit se traduire sur les feuilles de paie de 20 millions de personnes fin janvier. Pour compenser à l'assurance maladie et l'assurance chômage ces 17,7 milliards d'euros de ressources perdues, la CSG, qui pèse sur toutes les catégories de revenus (salaires, retraites, revenus du capital) verra son taux augmenter de 1,7 point (de 6,6 à 8,3%) ce qui va rapporter 22,5 milliards. 

Les retraités au centre des débats

La gauche de la gauche a critiqué un changement de philosophie de la Sécurité sociale, "loin des principes des fondateurs" du Conseil national de la résistance. "Cette mesure remet en cause le principe de la cotisation sociale", a dénoncé le communiste Pierre Dharéville. "C'est une réforme profonde de la Sécurité sociale", pour l'Insoumis Adrien Quatennens. Les Constructifs, comme l'UDI Francis Vercamer, ont déploré une mesure qui "n'améliore pas la compétitivité des entreprises", à la différence "d'une TVA sociale". Les Républicains ont axé leur discours sur la défense des retraités, "qui se souviendront" de cette hausse, selon Jean-Pierre Door. 


Car près de 60% de retraités, soit 8 millions de personnes, devraient être concernés l'an prochain, les plus modestes étant exonérés ou soumis à la CSG à taux réduit. Sont visés les revenus supérieurs à 1.394 euros net par mois pour une personne seule de plus de 65 ans, et à 1.289 euros si elle a moins de 65 ans. Gérald Darmanin fait valoir que les retraités qui gagnent moins de 2.500 euros par mois verront par ailleurs "leur taxe d'habitation diminuer largement". Mais il admet que "ceux qui gagnent plus de 2.500 euros devront continuer de payer la taxe d'habitation et paieront une CSG très légèrement plus importante".

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Le débat sur ces seuils d'application de la hausse de la CSG a été assez vif. Au sein de la majorité même, le Modem et deux députés LREM ont déposé des amendements pour que ces seuils soient relevés. 

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